Le développement de la robotique offre plusieurs avantages pour les entreprises. | Miguel Medina / AFP
Le développement de la robotique offre plusieurs avantages pour les entreprises. | Miguel Medina / AFP

Les robots menacent-ils vraiment notre travail?

Environ 20 millions d'emplois industriels pourraient disparaître dans le monde d'ici 2020.

Le débat sur les robots et l'emploi est plus que jamais d'actualité. Alors qu'Amazon souhaite accélérer son programme de robotisation, la crainte des salarié·es de perdre leur travail ne fait que s'intensifier. Une appréhension à tempérer. Selon certains économistes, ces innovations technologiques seront créatrices d'emplois et pourront même permettre aux employé·es de monter en qualification, donc en niveau de revenu.

L'histoire semble pourtant leur donner tort. Dans son livre The Technology Trap: Capital, Labor, and Power in the Age of Automation, Carl Benedikt Frey explique que toutes les évolutions technologiques majeures ont, à court terme, conduit à des destructions significatives d'emplois. Leur vertu créatrice étant repoussée au très long terme.

La robotique, une opportunité

Le développement de la robotique offre plusieurs avantages pour les entreprises. En termes de productivité d'abord: dans une récente étude, le cabinet britannique Oxford Economics estime qu'un robot industriel est à même de remplacer 1,6 emploi dans le secteur manufacturier.

Quant aux coûts, les robots bénéficient d'un atout considérable. Comparées aux êtres humains, sur la durée, ces machines ne coûtent rien aux entreprises. Mis à part pour les réparations, elles n'ont pas besoin de leur verser un salaire, de leur payer des indemnités, des congés payés ou une encore mutuelle, ni de cotiser pour leurs droits sociaux et leurs retraites, etc.

Ces technologies représentent également un avantage pour l'humain: elles lui permettent de se désengager de certaines tâches difficiles, répétitives et néfastes pour sa santé physique et mentale.

Innovations destructrices d'emplois

Mais il y a un hic, et pas des moindres: ce sont généralement les travailleurs et travailleuses les moins qualifié·es, donc les moins bien rémunéré·es, qui sont garants de ces tâches.

Selon la même étude, environ 20 millions d'emplois industriels pourraient disparaître d'ici 2030. De quoi creuser davantage les inégalités sociales et géographiques et provoquer également de sérieux remous sociaux.

En plus du secteur industriel, les métiers de l'administratif, du transport ou de l'hôtellierie et de la restauration devraient eux aussi être touchés par la conquête grandissante de l'intelligence sur le marché du travail. Exemple: le développement de la voiture autonome détruira les emplois de milliers de taxis et de personnes conduisant des poids lourds.

À en croire revolution-robot.fr, un site qui prophétise si votre métier s’apprête à faire les frais de l'IA, environ 30% des postes actuels pourraient disparaître ou être remplacés par des robots d’ici dix ans.

Changer plutôt que détruire

Amazon a récemment annoncé une dépense de 700 millions de dollars pour recycler environ un tiers de ses salarié·es américain·es. C'est, selon nombre d'économistes, la voie qui sera empruntée. Une présence abondante de robots dans les entreprises détruira certes des emplois, mais si elles s'y préparent correctement, en créera tout autant grâce à une revalorisation professionnelle.

Les être humains seront-ils pour autant mieux payé·es? Il faut garder en mémoire –ce que certains spécialistes oublient de faire– que les grandes firmes participent déjà au déclin et à la fermeture de petits business, comme les commerces de proximité par exemple.

Via la technologie, ces géants ont les moyens de s'économiser le service de certains humains. Le développement d'AmazonGo, magasins automatisés de l'entreprise de Seattle, pourrait par exemple mettre nombre de caissièr·es au chômage.

Les entreprises cherchant par nature le profit plutôt que le plein-emploi, les équilibres entre requalification des employé·es, gains de productivité et coupe pure et simple de la masse salariale risquent de provoquer de la casse sociale.

Un accompagnement essentiel

Un défi se pose alors pour éviter que certaines personnes, remplacées par des machines, ne restent sur le carreau. Un rapport réalisé par l'OCDE et intitulé L'avenir du travail insiste sur le fait que la formation sera un enjeu décisif pour que cette transition se fasse sans déchaîner les foules.

Le rapport conclut sur une note plus politique. «Les travailleurs qui perdent leurs emplois en raison de changements technologiques ont besoin d'être aidés», est-il écrit. «Un soutien aux revenus, lié à des incitations pour retrouver un emploi, sera décisif pour réduire le coût individuel de ce processus d'ajustement.»

La question d'une taxe robot, posée par Benoît Hamon lors de la dernière campagne présidentielle et dont s'est également emparé Bill Gates –pour ne citer que lui, pourrait de nouveau se poser.

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