Avec internet, le niveau d’expertise que l’on est en mesure d’attendre d’un·e astrologue est devenu plus difficile à quantifier. | Homestage via Pixabay
Avec internet, le niveau d’expertise que l’on est en mesure d’attendre d’un·e astrologue est devenu plus difficile à quantifier. | Homestage via Pixabay

Comment internet et les mèmes ont disrupté l’astrologie

Qu’ils s’amusent du train de vie luxueux des taureaux ou du côté diva des lions, les mèmes sur l’astrologie bouleversent la pratique de cet art millénaire.

C’est tout naturellement que la génération des Millennials, souvent présentée comme spirituelle, s’est réappropriée l’astrologie. Mais ses adeptes ne se contentent plus de lire distraitement leur horoscope.

Désormais, on peut calculer son thème astral pour interpréter la carte du ciel du jour de sa naissance et certain·es attribueront leur dernier burn-out à l’entrée de Mercure en phase rétrograde...

Si l’astrologie a pu devenir aussi tendance, c’est grâce à la manne d’informations et de sources disponibles sur internet où l’on compte des centaines de comptes Instagram ou Twitter, de blogs et Tumblr dédiés à la question.

Séparer le bon grain de l'ivraie

Cette popularité n’a pas échappé à Susan Miller, célèbre astrologue qui dirige le site Astrology Zone. Elle en tire un bilan mitigé. «C’est à la fois une bonne et une mauvaise chose. De voir autant de gens se tourner vers l’astrologie, je trouve ça super, mais il y a tout de même un bémol. Beaucoup de ces personnes ne sont pas en mesure de donner des conseils astrologiques et devraient étudier davantage.»

La maîtrise de l’astrologie requiert de nombreuses années d’apprentissage et de pratique. Mais avec internet la donne a changé et le niveau d’expertise que l’on est en mesure d’attendre d’un·e astrologue est devenu plus difficile à quantifier.

Tweets de 140 caractères, Gifs et mèmes témoignent de l’engouement d’un nouveau public, mais au prix d’une certaine complexité qui pourrait porter préjudice à la discipline. Ces craintes et ces accusations, Courtney Perkins, qui tient le compte très populaire sur Instagram @notallgeminis, les a souvent entendues.

«Et nous sommes d'accord pour dire qu'il pourrait y avoir plus de femmes et de peronnes racisées pour écrire et diriger.» | Compte @notallgeminis

Si la jeune femme reconnaît qu’elles ont une part de vérité, elle rappelle n’avoir jamais prétendu être astrologue et se contenter de poster sur les réseaux sociaux. Elle n’est pas non plus contre l’idée d’ajouter un peu d’humour dans une pratique qui se prend parfois trop au sérieux.

Du mode récréatif à une approche «savante»

Les personnes qui défendent la vieille école peuvent encore compter sur la Société internationale pour la recherche en astrologie ou le National Council for Geocosmic Research, deux organisations qui ont pour mission de certifier les astrologues.

Une certification qui a le désavantage d’être payante et de ne pas être accessible partout, d’autant plus que ces organisations ne prennent pas en considération les pratiques plus marginales du tarot et de la sorcellerie, pourtant très en vogue le net.

Le plus gros de mes fans est juste là parce qu’ils trouvent les mèmes drôles. Mais il y a aussi des gens qui veulent savoir si je recommande un manuel pour débutant.
Courtney Perkins, créatrice du compte Instagram @notallgeminis

La solution se rencontrera peut-être à mi-chemin. Si, sur les réseaux sociaux, l’astrologie s’exerce d’abord avec humour et légèreté, elle ouvre parfois la voie à une pratique plus sérieuse.

Courtney Perkins en a d’ailleurs fait l’expérience: «Le plus gros de mes fans est juste là parce qu’ils trouvent les mèmes drôles. Mais il y a aussi des gens qui m’envoient des messages pour savoir si je recommande un manuel pour débutant.» Internet inspire parfois des vocations. Ce fut le cas pour Mecca Woods, une astrologue qui a découvert cet univers en ligne avant de se tourner vers un mentor pour perfectionner son apprentissage.

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