«C'est celui qui dit qui y est.» | Milk Chan via Unsplash
«C'est celui qui dit qui y est.» | Milk Chan via Unsplash

Comme la Russie, les États-Unis sont experts en désinformation massive

La frontière entre dénigrement et lobbying est assez floue.

Les campagnes de désinformation sur les vaccins? La faute à la Russie et la Chine, selon un rapport de l'Union Européenne publié en avril dernier. Les rumeurs tentant de «salir» Joe Biden lors des élections de 2020? L'œuvre de l'État russe «et des acteurs satellites», d'après un rapport du renseignement américain.

Le piratage de messages de membre d'En marche lors de la campagne de 2017? Encore des hackers russes, accusent les experts de Google. Bref, à en croire les pays occidentaux, un «axe du Mal» constitué notamment de la Russie, de la Chine ou de l'Iran est à l'origine de toutes les campagnes de désinformation répandues sur le net.

Sauf que les États-Unis sont loin d'être aussi vertueux qu'ils ne le prétendent. Dans un rapport publié par Facebook le 26 mai dernier, le pays d'Oncle Sam est classé quatrième dans dans la liste des pays pratiquant le plus «d'opérations d'influence» visant à «manipuler ou corrompre les débats publics dans un but stratégique».

Cela peut prendre, par exemple, la forme de groupes Facebook se faisant passer pour des organisations ou des médias officiels, ou encore de «journalistes fictifs» relatant des soi-disant événements.

Facebook a répertorié 150 opérations de ce type entre 2017 et 2020, et constaté que 45% d'entre elles visaient des pays étrangers. Si la Russie se classe première de ce palmarès avec vingt-sept attaques devant l'Iran et la Birmanie, les États-Unis arrivent peu après, et la Chine ne figure même pas dans le top 5.

Le problème, c'est que la frontière entre les gens parfaitement honnêtes relayant une communication politique gouvernementale et la manipulation pure et simple est assez floue, reconnaît Facebook.

Piratage de perception

Le réseau social dénonce notamment le «piratage de perception», qui consiste à faire croire que l'on est dominant dans l'opinion et à jouer sur la peur. Des qualificatifs qui pourraient parfaitement s'appliquer au Rassemblement national en France, aux dires de ses opposants.

Et comment savoir qui dit vrai? Les Chinois s'estiment eux injustement visés par des campagnes de désinformation des médias occidentaux. «Pour certains médias français, discréditer la Chine est devenu politiquement correct», s'énerve un journaliste de la CGTN, la chaine officielle chinoise.

Les démarches des États-Unis cherchant à convaincre le monde entier que le coronavirus s'est échappé d'un laboratoire chinois «rappelle la guerre d'Irak de 2003, lorsque Washington a concocté des mensonges sur le fait que l'Irak possédait des armes de destruction massive pour envahir le pays, renverser son gouvernement et massacrer son peuple», ironise encore la CGTN.

Il est aussi bien établi que les Américains pratiquent la surveillance de masse, comme vient encore de le montrer l'enquête de la télévision danoise attestant que la NSA avait espionné plusieurs personnalités politiques européennes entre 2012 et en 2014, dont la chancelière allemande Angela Merkel.

À en croire le rapport de Facebook, la menace pour les États-Unis ne viendrait pas tant des puissances étrangères que des conspirationnistes américains eux-mêmes.

«La moitié des campagnes de désinformation menées aux États-Unis ont été le fait de groupes politiques marginaux ou de complotistes», écrit le rapport. Bref, nous ferions bien de balayer devant notre porte avant de jeter la poussière sur les «puissances étrangères».

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