Les Japonaises ont intérêt à avoir de bons yeux, et des nerfs solides. | Behrouz Mehri / AFP
Les Japonaises ont intérêt à avoir de bons yeux, et des nerfs solides. | Behrouz Mehri / AFP

Les entreprises japonaises interdisent à leurs employées de porter des lunettes

La mesure n'est que l'une des nombreuses contraintes que les Japonaises doivent respecter au travail.

Au pays du Soleil-Levant, les lunettes ne sont pas autorisées –du moins lorsqu'on est une femme qui travaille. Les hommes, eux, peuvent continuer à en porter quand bon leur semble. À cette interdiction s'ajoute souvent l'obligation de porter des talons hauts dans le cadre professionnel.

Une partie des Japonaises commencent à en avoir assez de ces codes vestimentaires sexistes, restrictifs et complètement anachroniques. Depuis le début du mois de novembre, le hashtag #LesLunettesSontInterdites fait ainsi parler de lui sur Twitter.

Le mouvement est né après les révélations d'une émission de télévision japonaise, qui a dévoilé les arguments utilisés par certaines entreprises pour proscrire le port de lunettes chez le personnel féminin. Un article de Business Insider Japan avait également fait état de cette pratique sexiste.

Justifications fumeuses

Les raisons invoquées pour justifier cette interdiction ont été répertoriées dans un article paru sur Quartz. Du côté des compagnies aériennes, on avance l'argument de la sécurité, en indiquant que les bris de lunettes sont dangereux en cas d'accident.

L'industrie cosmétique affirme de son côté que les verres et la monture empêchent la clientèle de voir le maquillage des employées. Quant au secteur du service, il soutient que les lunettes donnent une «impression de froideur» à celles qui en portent. D'autres entreprises estiment enfin que les kimonos traditionnels ne s'accordent pas avec les lunettes.

Ce n'est pas la première fois que les Japonaises doivent se plier à des contraintes vestimentaires et physiques absurdes qui peuvent leur être préjudiciable.

Dès l'école, les jeunes filles sont encouragées à teindre leurs cheveux en noir si leur teinte naturelle est trop claire. Certains établissements édictent des directives strictes en matière de longueur de cheveux et de jupe. Quelques-uns vont jusqu'à réglementer la couleur des sous-vêtements et interdisent aux étudiantes de porter des collants en hiver, au motif qu'avoir les jambes au chaud les déconcentrerait.

En janvier 2019, le hashtag #KuToo est apparu sur les réseaux sociaux pour dénoncer ces restrictions absurdes. Triple jeu de mots, il fait référence au mot japonais kutsu, qui signifie chaussures, mais aussi à kutsū, la douleur, et bien sûr à #MeToo.

Sur Twitter, des Japonaises se sont prises en photo avec leurs lunettes. Une utilisatrice s'est alors demandé si finalement, il ne valait pas mieux les enlever pour arrêter de voir les hommes.

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