Rarement un jeu n'aura fait autant parler de lui, en bien mais aussi en mal. | CD Projekt
Rarement un jeu n'aura fait autant parler de lui, en bien mais aussi en mal. | CD Projekt

Bugs, godemichets et transphobie: l'accouchement dans la douleur de «Cyberpunk 2077»

Attendu au tournant, il frôle la sortie de route.

Fruit d'un développement chaotique long de huit ans, œuvre de CD Projekt Red, responsable du mythique The Witcher, le très attendu (et très repoussé) Cyberpunk 2077 sort aujourd'hui, le 10 décembre 2020, sur PC, Xbox et PS4; et en 2021 sur PS5 et Xbox Series.

Quelques jours plus tôt tombait donc l'embargo imposé à la presse et aux journalistes: les avis pouvaient tomber, et ils furent pour le moins contrastés. L'un des premiers à avoir attiré l'attention en France fut celui d'ExServ, ex-Gamekult, vidéaste et auteur.

«Je sais pas par où commencer tellement je suis dégouté», écrivait-il, étonné de l'écart entre sa propre perception du jeu et la réception critique très positive qu'il a reçue, avec une note moyenne de 91 sur Metacritic, pour la version PC.

Dans une longue série de tweets, il expliquait que Cyberpunk 2077, tel qu'offert à la presse, n'était qu'une longue série de bugs, qu'il était doté d'un gameplay daté et d'une histoire «aussi subtile qu'un film de série B des années 90, du cul, du cul, du cul, de l'action et encore du cul derrière».

Beaucoup de cul et des tonnes de godemichets –le press kit fourni à une partie de la presse en comprenait d'ailleurs un. Sur Twitter, la blague a vite frôlé le mème: des dizaines de captures d'écran des omniprésents sextoys à trouver dans le jeu ont été échangées, provoquant amusement ou soupirs las chez les gamers, et faisant jaser jusque sur le site de Jacquie et Michel.

Faire parler le soufre

Bien avant sa parution, Cyberpunk 2077 expérimentait déjà avec le feu et le soufre, une combinaison souvent malheureuse. En 2019, CD Projekt Red donnait à voir une publicité pour une boisson présente dans le jeu, nommée Mix It Up, montrant sans une once de subtilité une femme transgenre dotée d'un pénis démesuré.

Déjà pointée du doigt pour un tweet jugé transphobe un an plus tôt, le studio continuait dans la même veine douteuse, et se voyait alors accusé d'exploiter la cause trans à de simples fins marketing. Dans un univers du gaming où le masculinisme et le cyberharcèlement sont encore souvent la règle, l'objectif était atteint: faire parler du jeu, quel qu'en soit le prix.

Pour les équipes qui ont développé Cyberpunk 2077, le prix a aussi été incommensurable. Quelques semaines avant sa sortie, le jeu se voyait une nouvelle fois être repoussé par CD Projekt Red, et le journaliste Jason Schreier rapportait un «crunch» infernal, des semaines de 100 heures, des équipes rendues physiquement malades par tant de travail.

L'urgente chasse aux bugs, en vue de prochains correctifs, risque de prolonger encore longtemps cette tâche herculéenne. Selon certaines critiques, le jeu souffre actuellement de performances médiocres sur PS4 et Xbox One –si médiocres que Gautoz, pour Gamekult, s'est vu contraint de conseiller une annulation des précommandes à celles et ceux ayant dégainé trop vite leur carte bleue.

Quelques jours avant sa parution, le jeu faisait également parler de lui pour un problème grave, connu depuis longtemps dans le monde du jeu vidéo, au point d'imposer un avertissement à chaque lancement d'une console.

En reproduisant un appareil réel dont se servent les neurologues, l'une des scènes de Cyberpunk 2077 serait particulièrement propice au déclenchement de crise d'épilepsie chez les personnes photosensibles. Au point de pousser une journaliste de Game Informer à publier un guide de survie.

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