Stańczyk de Jan Matejko, peint en 1862 et représentant l'un des bouffons les plus célèbres de Pologne. | Musée national de Varsovie via Wikimedia Commons

Stańczyk de Jan Matejko, peint en 1862 et représentant l'un des bouffons les plus célèbres de Pologne. | Musée national de Varsovie via Wikimedia Commons

Un milliard en bitcoins en poche, le baron du darknet JokerStash prend sa retraite

Un repos bien mérité, d'après ses mots.

«Le Joker prend une retraite bien méritée. Il est temps pour nous de partir à jamais.» C'est par ces mots accompagnés du Stańczyk du peintre polonais Jan Matejko que JokerStash, l'un des empereurs des trafics sombres sur le web interlope, a annoncé se retirer des affaires.

Une retraite bien méritée, mais surtout très bien garnie: selon la firme spécialisée Elliptic, grâce au cours élevé des devises numériques, JokerStash aurait amassé plus d'un milliard de dollars (820 millions d'euros) en cryptomonnaies, avant de tirer sa révérence.

Une autre entreprise experte dans l'analyse des arcanes des cryptomonnaies, Gemini Advisory, fait un calcul plus impressionnant encore: selon elle, ce sont près de 60.000 bitcoins, soit un tout petit peu moins de 3 milliards de dollars au cours du jour, qui seraient venus remplir le portefeuille électronique de JokerStash.

Lancé en 2014, le site Joker's Stash a, comme promis dans les déchirants adieux de son ou sa capitaine, disparu début février. La spécialité de cette marketplace de l'ombre était le trafic de cartes bleues et d'identités volées. Un marché autrefois très profitable, mais qui ces dernières années semblait perdre un peu de sa superbe.

L'amoral de l'histoire

«La sécurité accrue autour des cartes de paiement a rendu leur vol plus difficile, tandis que des avancées dans les technologies anti-fraude ont compliqué la tâche des “carders” souhaitant effectuer un achat avec une carte volée», expose Tom Robinson de Gemini Advisory.

La firme note que ces profits en baisse ne sont peut-être pas le seul facteur explicatif de cette retraite anticipée. En octobre 2020, la personne derrière Joker's Stash racontait en anglais et en russe, comme à chaque message, avoir passé quelques semaines à l'hôpital du fait d'une infection grave au Covid-19.

En outre, JokerStash pourrait avoir senti d'un peu trop près l'odeur de la prison. En décembre 2020, le FBI et Interpol se sont coordonnés pour procéder à une saisie de tous les noms de domaines qu'il ou elle utilisait (du moins sur le web «visible») pour ses trafics illicites, avant potentiellement d'autres actions plus radicales.

«Nous souhaitons également à tous les jeunes et moins jeunes cyber-gangsters qu'ils ne s'abandonnent pas dans la poursuite de l'argent facile», a écrit JokerStash dans son message d'adieu.

«Souvenez-vous que tout l'argent du monde ne vous rendra jamais heureux, et que les choses les plus précieuses au monde sont gratuites.» Une morale qui ne mange pas de pain lorsque l'on n'a plus à se l'appliquer à soi-même.

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