Un goulag numérique de l'espace: c'est pas banal. | Frontier Developments
Un goulag numérique de l'espace: c'est pas banal. | Frontier Developments

Comment des joueurs de «Elite Dangerous» en ont condamné d'autres aux travaux forcés

Un goulag de l'espace.

Jeu bac à sable de simulation spatiale en monde ouvert massivement multijoueur. Les mots-clés qui décrivent Elite Dangerous indiquent un jeu vidéo où tout est fait pour que les gamers, que l'on appelle commanders, innovent, créent, collaborent et se combattent pour passer un bon moment.

Problème: le jeu est allé bien au-delà des possibilités prévues par les développeurs et développeuses lorsque des commanders vétérans sont parvenus à piéger in game de nouveaux arrivants, afin de les forcer à miner à leur place des matériaux précieux.

Pour cela, ces commanders chevronnés se placent dans la Voie lactée, le centre de la galaxie du jeu, afin de prendre contact avec des gamers tout juste arrivés et les convaincre de rejoindre leur Player Group (PG), un groupe permettant de rester en contact avec ses amis.

Les arnaqueurs affirment aux bizuts qu'ils souhaitent augmenter le nombre de membres de leur PG, et qu'ils peuvent en échange les aider à améliorer leurs vaisseaux et à miner des void opals, un minerai rare du jeu. Les recrues montent donc dans des petits vaisseaux de minage et s'arriment à un plus gros Fleet carrier, capable de faire des bonds dans la galaxie.

Tout le groupe est ainsi emmené à 800 années-lumière de la Voie lactée. Mais le petit périple sympathique se révèle, en réalité, être une prise d'otages vidéoludique: isolées à bord de leurs petits vaisseaux, les recrues se retrouvent sans possibilité de revenir seules à la zone de départ.

Marche ou game over

Les autres commanders les forcent à miner des void opals et à les leur revendre pour une fraction du prix du marché du jeu. La seule issue pour ceux qui se retrouvent piégés est donc soit de miner, soit de s'auto-détruire, donc de perdre toute leur progression dans le jeu.

Bien plus grave, le journaliste de Polygon ayant découvert cette histoire est parvenu à consulter le Discord des organisateurs du piège. Ces joueurs plus âgés «très à l'aise avec les insultes raciales et le harcèlement» n'hésitent pas à piéger des joueurs d'une dizaine d'années ou moins, ce qui implique de les inviter eux aussi sur ce serveur Discord.

Cette histoire n'amuse pas le développeur britannique du jeu, Frontier Developments, qui affirme à Polygon «ne pas cautionner ce genre de comportement» et être en train de déterminer le sort à réserver à ces tyrans.

Une vingtaine de personnes ont été victimes de la combine. Elles ont pour certaines pu compter sur la belle solidarité de gamers plus accueillants, qui se sont organisés afin de récupérer les joueurs isolés, à la manière d'une véritable mission de sauvetage.

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