Un pack de douze Tecate coûte désormais 162 pesos, soit près d'un euro de plus qu'avant la crise sanitaire. | Jakob Owens via Unsplash
Un pack de douze Tecate coûte désormais 162 pesos, soit près d'un euro de plus qu'avant la crise sanitaire. | Jakob Owens via Unsplash

Le Mexique presque à sec de bière

Un mois après la fermeture des brasseries, les stocks s'épuisent et les prix explosent.

Bientôt plus une goutte. Face à la pandémie de Covid-19, l'industrie mexicaine de la bière, considérée comme une activité économique non essentielle, a été contrainte d'interrompre ses opérations le 6 avril dernier. Un mois plus tard, trouver de la cerveza dans le commerce est devenu une mission quasiment impossible.

Depuis le début du confinement au Mexique et l'arrêt des brasseries début avril, tant au niveau de la production que de la distribution, la population consomme les stocks de bière existants. Et presque tout a été bu.

Cuauhtémoc Rivera, de l'Alliance nationale des petits commerçants (Anpec), exhorte à la relance de la production. Il juge cette politique restrictive contre-productive, tout comme l'encadrement ou l'interdiction de la consommation d'alcool dans certains États mexicains.

Selon lui, ces mesures poussent les gens à se déplacer davantage pour mettre la main sur de la bière, aggravant les risques de contamination. Le pays a même déploré des incidents mortels impliquant de l'alcool frelaté.

Filière prête à redémarrer

Bien sûr, les arguments sont également économiques. Les ventes de bière à l'étranger ont représenté 793 millions d'euros en 2019, soit 25% des exportations agro-industrielles du Mexique, et la demande mondiale est en train de repartir.

L'Agence fédérale pour la protection des consommateurs (Profeco) a par ailleurs constaté l'explosion des prix sur le marché intérieur: +17% pour un pack de douze Tecate, +100% pour un fût sur le marché noir, +200% pour les canettes dans la municipalité d'Iztapalapa.

Pour ces raisons, la Profeco appelle elle aussi à relancer la production de bière. «Les brasseries pourraient reprendre leur activité très prochainement, car elles disposent des conditions d'hygiène et d'automatisation [nécessaires] pour reprendre rapidement la production [...], ce qui mettrait fin aux surcoûts sur le marché», défend son directeur Ricardo Sheffield.

La décision est désormais entre les mains du ministère de l'Économie. Les brasseurs mexicains se tiennent prêts et rappellent qu'en Europe et aux États-Unis, la production de bière n'a pas été interrompue.

Au Mexique, 705.000 personnes travaillent dans ce secteur –elles sont actuellement au chômage technique– et six millions d'individus dépendent en partie de la vente de bière pour gagner leur vie.

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