Aucune étude ne garantit l'efficacité des microdoses de stupéfiants dans une carrière professionnelle. | Mike Erskine via Unsplash
Aucune étude ne garantit l'efficacité des microdoses de stupéfiants dans une carrière professionnelle. | Mike Erskine via Unsplash

Dans la Silicon Valley, des minidoses de drogue pour doper sa carrière

Des entrepreneurs cherchent à «libérer leur potentiel» grâce à de petites quantités de LSD et de champignons hallucinogènes.

«La drogue, c'est mal, m'voyez», comme le martèle M. Mackey. Mais en microdose, leur utilisation pourrait être bénéfique, notamment pour soigner certains troubles psychiques. Depuis plusieurs années, les scientifiques se penchent notamment sur les bénéfices du LSD et des champignons hallucinogènes dans le traitement de la dépression ou du stress post-traumatique.

Ce n'est pourtant pas cet aspect qui intéresse le plus la Silicon Valley. Certain·es professionnel·les du secteur de la tech prennent des stupéfiants en microdose afin de «libérer leur potentiel», améliorer leurs performances et mieux réussir dans leurs carrières –une démarche dont l'efficacité n'a pas encore été démontrée.

Selon le journaliste Michael Pollan, la pratique serait ancienne dans le secteur. Dès les années 1950, des ingénieur·es en informatique prenaient du LSD afin de «visualiser» de nouveaux concepts, comme la puce électronique. Steve Jobs et Bill Gates auraient eux aussi eu recours à ce stupéfiant emblématique de la contre-culture américaine.

Coin à champignons

Paul Austin, fondateur de The Third Wave, propose des séances de coaching visant à optimiser l'utilisation de stupéfiants microdosés. Ses client·es sont principalement des personnes qui entreprennent et qui se posent des questions.

«Pourquoi faisons-nous ce que nous faisons? Pourquoi le travail que nous faisons nous importe-t-il? Je pense que les psychotropes aident vraiment les gens avec ce processus, plus que tout», analyse-t-il.

Selon une étude de l'Imperial College of London, le cerveau des personnes sous LSD est plus unifié. Des fonctions séparées fonctionnent de manière plus intégrée. Les personnes qui en font usage se sentent plus connectées à elles-mêmes et à leur environnement, dans une forme de «dissolution de l'ego».

Paul Austin ne fournit pas la drogue, toujours illégale sur l'essentiel du territoire, mais il accompagne ses client·es avec lesquel·les il échange, par exemple en forêt après avoir pris une microdose de psylocybine. Ce coaching coûte entre 1.000 et 2.000 dollars par mois [entre 900 et 1.800 euros], avec un engagement minimum de trois mois.

Pour la chercheuse Caroline Dorsen, il est effectivement important d'avoir un·e guide pour faire un «bon» usage des psychotropes microdosés. Mais si des «épiphanies», notamment sur le plan professionnel, peuvent effectivement surgir d'un trip, «[on a généralement] peu de contrôle sur l'expérience que l'on va vivre en prenant des psychotropes.»

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