Le réseau social porte-t-il enfin parfaitement son nom? | David East via Unsplash
Le réseau social porte-t-il enfin parfaitement son nom? | David East via Unsplash

Des milliers de personnes font des dons à des inconnus sur Facebook

Quand le réseau social se mue en plateforme de solidarité directe.

Beaucoup de gens font la manche sur des groupes Facebook. Vous en avez peut-être déjà vus dans votre fil d'actualité –ou peut-être quelqu'un parmi vos ami·es a-t-il tagué le lien d'un groupe dans une publication.

Une mère cherche des couches et du lait pour ses enfants. Un homme qui a eu un accident de voiture et ne peut plus travailler a besoin de bottes. Des parents veulent payer les factures médicales de leurs enfants…

«Vous pouvez demander (presque) n'importe quoi, mais les petites sommes fonctionnent mieux», indique le groupe d'entraide de particulier à particulier Give me your money («donnez-moi votre argent»).

Une aide directe

La plupart de ces groupes ont des noms très explicites et vont droit au but: PayPal Prayers & Blessings, App Blessings, Give Me Some $$$ (strangers helping strangers and paying it forward).

Tous sont organisés selon le même modèle: un·e membre poste le montant dont il ou elle a besoin, explique à quoi cet argent va servir et détaille la manière dont il ou elle préfère être payé·e (Paypal, Venmo ou autres applications et porte-monnaie virtuels).

Les destinataires des dons fournissent parfois des preuves de leur histoire –des photos par exemple– pour assurer aux autres membres qu'il ne s'agit pas d'une arnaque. Les donateurs et donatrices commentent sous les posts pour déterminer si la situation requiert réellement leur aide, ou avec des photos de récépissés pour informer les autres des montants déjà payés.

Une grande partie de ces généreux individus ont l'impression d'aider une vie de manière plus directe que via des associations. «Tout dans ce groupe tourne autour de l'idée d'aider son prochain», a récemment posté Cameron Ellis dans le groupe Give me your money. «Si vous avez été aidé, vous rendez la pareille lorsque vous le pouvez, que ce soit sous forme d'argent, de compassion ou de photos d'animaux. Le but est de rendre plus belle la journée de quelqu'un d'autre.»

Attention aux arnaques

Le phénomène n'est pas vraiment nouveau mais prend de la vitesse, d'autant plus que Facebook veut rendre les échanges d'argent plus simples sur sa plateforme.

Le groupe Give me your money est géré par un homme nommé John Ford et sa femme. Rassemblant plus de 20.000 membres, il leur rapporte de l'argent, grâce à une structure particulière: Ford demande aux donateurs d'ajouter à leurs dons un pourboire de 10% à destination des modérateurs qui veillent à la bonne organisation du groupe.

Vous pouvez aussi payer 5 dollars pour épingler votre post ou 10 dollars pour bannir un membre –ou encore 10 dollars pour réintégrer un membre banni. Mais Ford rentabilise surtout le groupe en organisant des levées de fonds avec des pin's qu'il produit lui-même sous sa marque, Roving House. Ces pin's permettent d'accéder à des privilèges, à d'autres groupes Facebook réservés aux donateurs ou à Give me your money Gold, un groupe premium réservé aux fans des pin's.

L'argent récolté par le couple Ford lui permet de payer les coûts du quotidien –mais celui des pourboires va principalement aux modérateurs, raconte John. «Beaucoup d'autres groupes sont pleins d'arnaques», ajoute-t-il.

«Nous vérifions les informations que postent les gens, vérifions avec les cliniques d'avortement, etc. Nous gérons beaucoup de détails administratifs pour que les membres sachent où va leur argent. [...] Nous ne sommes pas riches. Nous avons un peu de succès, mais je ne veux pas que les gens pensent que nous sommes les magnats d'une industrie.»

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