Trois céréales seulement composent 50% des calories consommées par l'humanité.| Mads Eneqvist via Unsplash
Trois céréales seulement composent 50% des calories consommées par l'humanité.| Mads Eneqvist via Unsplash

La mondialisation des régimes alimentaires rend les pénuries d'autant plus flippantes

Qui en subira les conséquences?

C'est aussi cela, la mondialisation: plus le temps passe, plus nos habitudes alimentaires convergent. Bloomberg explique cette uniformisation par le fait que la culture occidentale prend de plus en plus de place dans le monde, mais également par l'augmentation d'une partie des salaires (oui, ça fait bizarre à lire).

Conséquence purement logistique: nous sommes plus nombreux et nombreuses qu'avant à dépendre des importations. Tous les pays ne se sont pas miraculeusement mis à produire ce dont leur population avait besoin pour manger. Les échanges commerciaux se poursuivent et les changements de comportements alimentaires ont de sacrées conséquences sur les circuits de consommation.

Le blé est particulièrement concerné par cette petite révolution des papilles et des estomacs. Produit par une poignée de pays, il est devenu un élément essentiel du régime de très nombreuses personnes partout dans le monde, quelles que soient leur culture et leur origine. Quand la Russie a envahi l'Ukraine, les prix du blé ont augmenté de 40%, si bien que vingt pays ont décidé de restreindre leurs exportations, créant une série de réactions en chaîne sur l'ensemble du globe.

La guerre n'est pas la seule cause des fluctuations de prix et de disponibilité, rappelle Bloomberg: les conditions météorologiques plus que variables (dérèglement climatique oblige) entrent également en ligne de compte, tout comme les évolutions parfois impressionnantes du cours de certaines devises. Comme souvent, sans surprise, ce sont les pays les plus pauvres qui en subissent le plus lourdement les conséquences.

Un monde instable

«Le fait de ne dépendre que de quelques récoltes rend les populations plus vulnérables aux chocs», explique Fatima Hachem, spécialiste en nutrition au sein de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture.

L'évolution des habitudes alimentaires s'est déroulée de façon vertigineuse. Sur les 6.000 espèces de plantes dont les humains se nourrissent depuis qu'ils sont sur Terre, il n'y en a désormais plus que 9 qui sont consommées de façon régulière, et seulement 3 (le riz, le blé et le maïs) fournissent à l'humanité 50% de ses calories. La consommation de viande et de produits laitiers a également grimpé en flèche, le porc étant l'animal le plus prisé.

Les changement structurels peuvent expliquer ces profondes modifications de nos comportements alimentaires. Par exemple, la Chine était encore un pays pauvre et rural au début des années 1960, et sa mutation rapide a poussé une grande partie de sa population à se nourrir autrement, de façon plus rapide, en achetant davantage de produits transformés et en ayant moins l'occasion de se nourrir de ses propres récoltes.

«Il faut aussi nous montrer positifs», tempère Colin Khoury, chercheur au Centre international d'agriculture tropicale. «L'expansion de la mondialisation des marchés agricoles a permis à des milliards de personnes de découvrir de nouvelles façons de s'alimenter, alors qu'elles étaient jusque-là cantonnées à des régimes extrêmement restreints.»

Reste que cette convergence alimentaire a fait entrer une certaine instabilité dans les circuits de consommation. En cas de récolte décevante ou de flambée des prix, de nombreux pays pourraient soudain se retrouver confrontés à des pénuries plutôt inattendues. Avec, on le disait, un risque plus important d'impasse pour les pays les moins favorisés, ceux-ci n'ayant souvent pas la capacité de mettre la main au portefeuille pour compenser des augmentations importantes ou pour se montrer plus offrantes que des nations concurrentes.

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