Vos jeux en disent beaucoup sur vous. Trop, peut-être. | David Grandmougin via Unsplash
Vos jeux en disent beaucoup sur vous. Trop, peut-être. | David Grandmougin via Unsplash

La société éditrice de «Pokémon Go» et «Wizards Unite» sait tout de vous

Dans une longue enquête, le site Kotaku révèle que Niantic accumule des montagnes de données personnelles.

Après le succès sans précédent de Pokémon Go, qui séduisait encore près de 150 millions de joueurs et joueuses en 2018, Niantic s'est lancée à l'assaut d'un autre monstre de la pop culture: Harry Potter.

Nommé Wizards Unite, le dernier jeu de réalité virtuelle de Niantic plonge les gamers dans un doux rêve d'enfance: parcourir le monde à la manière d'un sorcier pour combattre créatures maléfiques et mages noirs. Sans avoir atteint les prouesses commerciales de son prédécesseur, Harry Potter: Wizards Unite se classe régulièrement au sommet des applications les plus téléchargées du Play Store de Google et de l'App Store d'Apple.

Ce qui a permis à Niantic de réussir une fois encore son pari de faire sortir les gamers de leur chambre et de les rendre actifs grâce à la réalité augmentée –les joueurs et joueuses de Pokémon Go ont, globalement, marché l'équivalent de 23 milliards de kilomètres pour attraper leurs bestioles.

Mais comme le révèle Kotaku dans une longue enquête publiée mercredi 16 octobre, la magie de ces applications a un côté obscur: l'accumulation d'une quantité impressionnante de données sur nos faits et gestes.

Usines à données personnelles

Le site a examiné 25.000 archives de localisations, partagées entre dix personnes jouant aux jeux développés par Niantic. La firme, qui a germé dans les laboratoires de Google avant de prendre son indépendance, conserverait au minimum trois données de localisation par minute pour chacun·e des joueurs ou joueuses dans Wizards Unite.

D'autres informations, comme les calories brûlées en jouant, les distances parcourues quotidiennement ou les publicités fonctionnant auprès des gamers sont également conservées. Au total, ce sont treize types différents de données que l'entreprise conserve, chaque minute, pour chaque personne.

Un véritable trésor de guerre lorsque l'on connaît la valeur marchande de ce type de data, et une question de mélange des genres aux frontières de l'éthique –notamment lorsque l'on sait que les jeux de Niantic touchent un public jeune, parfois mineur.

Mais ce n'est pas tout. Niantic conserverait les données des gamers même lorsque l'application n'est pas utilisée, et serait ainsi capable de traquer le moindre mouvement des personnes possédant l'appli sur leur smartphone.

En cinq jours de jeu, Kotaku a pu constater que Niantic avait conservé 2.304 données de localisation par personne. La réponse de l'entreprise à ces inquiétudes? Ce serait la faute d'un bug présent sur les appareils Android.

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