Un nombre important des membres de la plateforme se sont plaint·es d'une coupe brutale dans leurs revenus. | Pawel Szvmanski via Unsplash

Un nombre important des membres de la plateforme se sont plaint·es d'une coupe brutale dans leurs revenus. | Pawel Szvmanski via Unsplash

OnlyFans ou l'ubérisation du travail du sexe

En décidant de réduire unilatéralement les revenus de ses membres en pleine crise sanitaire, la plateforme montre les limites de son modèle.

Conséquence du confinement, la fréquentation des sites de divertissement est à la hausse. Y compris, bien sûr, le porno, des sites mainstream comme Pornhub, aux plateformes plus amatrices, comme OnlyFans, qui a vu ses inscriptions exploser de 75%.

OnlyFans est une sorte d'Instagram payant: pour pouvoir suivre un de ses membres, il faut payer un abonnement mensuel de quelques euros. Bien qu'utilisé par tous types de profils, le site est vite devenu un outil servant principalement à vendre des contenus pornographiques et érotiques.

La plateforme lancée en 2016 a depuis beaucoup gagné en visibilité, à tel point que Beyoncé l'a récemment mentionnée dans une chanson. L'une des raisons de sa popularité est que la plateforme dispose d'un système de parrainage, qui permet de toucher 5% des revenus de ses filleul·es.

Réussir à parrainer beaucoup de monde ou à parrainer un compte devenu très populaire peut ainsi rapporter de jolies sommes. Seulement, cette explosion inattendue des inscriptions a poussé OnlyFans à «investir encore plus dans [son] infrastructure».

Pour cela, elle ne garantit plus indéfiniment ces 5%, mais seulement durant la première année d'activité du filleul, ou de son premier million gagné.

Beaucoup se sont plaint·es d'une coupe brutale dans leurs revenus qui, dans un an, pourraient subitement chuter de plusieurs centaines d'euros, le tout sans consultation préalable.

Uberisation

Les travailleurs et travailleuses du sexe (TDS) forment une profession particulièrement vulnérable et précaire. OnlyFans a souvent été saluée comme une manière pour les performers de travailler selon leurs propres termes et conditions, et de s'émanciper d'un environnement de travail très violent, notamment envers les femmes.

Début 2019, le New York Times déclarait même qu'«OnlyFans [avait] changé le travail du sexe pour toujours» et beaucoup d'actrices et d'acteurs X professionnel·les se sont d'ailleurs inscrit·es sur la plateforme.

Mais OnlyFans vient de rappeler que malgré cette image de havre de liberté pour les TDS, c'est bel et bien elle qui fait la loi. Si les membres créent le produit vendu par OnlyFans, ils ne sont pas employés par la plateforme. En interview son PDG Tim Stokely revendique d'ailleurs la comparaison avec Uber.

Or, comme l'ont déjà largement constaté les chauffeurs Uber et les livreurs Deliveroo, en cas de conflit, ce genre de relation n'est pas protégée par un contrat de travail mais par de simples conditions d'utilisation, modifiables à volonté.

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