Des agents de l'ICE (agence fédérale de l'immigration) arrêtent un sans-papiers à Brooklyn, en avril 2019. | John Moore / Getty Images North Ameica / AFP
Des agents de l'ICE (agence fédérale de l'immigration) arrêtent un sans-papiers à Brooklyn, en avril 2019. | John Moore / Getty Images North Ameica / AFP

Palantir, l'arme anti-migrants des États-Unis

Pour mener à bien son impitoyable politique, l'agence fédérale de l'immigration a recours à des outils technologiques développés dans la Silicon Valley.

Les «palantíri», aussi appelées «pierres de vision» ou «pierres clairvoyantes», sont nées de l'imagination foisonnante de l'écrivain britannique J. R. R. Tolkien (auteur du Seigneur des Anneaux).

Ces petites boules de cristal, qui permettent de voir le passé et le futur ou n'importe quel coin du globe, auraient été façonnées par les elfes Ñoldor, connus pour leur sagacité et leur art de la forge.

Raid anti-migrants

Est-ce ce parce qu'elle se considère visionnaire ou qu'elle promet l'omniscience que l'entreprise américaine Palantir, spécialisée dans l'analyse de données, a décidé de prendre pour nom cet objet mythique?

Fondée par le très controversé Peter Thiel, cofondateur de PayPal n'ayant jamais caché ses préférences trumpiennes, Palantir fournit au gouvernement américain une technologie de pointe utilisée pour cibler et arrêter les familles qui traversent illégalement la frontière américano-mexicaine.

Un document de l'organisation Mijente, qui milite contre la politique de Trump, révélait que Palantir aurait ainsi conduit à l'arrestation de 443 personnes en seulement 90 jours.

En juillet, le logiciel Falcon, développé par la firme, était utilisé dans ce qui constitue le plus grand raid contre l'immigration clandestine de l'histoire américaine: l'opération Mega. Depuis, le recours à la technologie Palantir s'est vu confirmé lors de raids ultérieurs.

Une véritable arme de guerre

Cofondée en 2003, Palantir a été financé par le fonds d'investissement de la CIA, nommé In-Q-Tel. Elle aurait fait ses gammes lors des guerres d'Irak et d'Afghanistan et même, dit-on, aidé à la capture d'Oussama Ben Laden.

Aujourd'hui, plus rien ne semble pouvoir stopper l'ascension de Palantir qui compte de nombreuses agences fédérales dans sa clientèle, tels le FBI et la marine de guerre américaine.

Le montant total de ses contrats s'évalue aux alentours de 1,5 milliard de dollars. D'après le Wall Street Journal, Palantir vaudrait aujourd'hui 20 milliards de dollars, mais pourrait atteindre le double en 2020.

En France aussi

En France et en Europe, Palantir compte parmi ses clients Airbus, Sanofi ou encore l'écurie de Formule 1 Ferrari. Dans le sillage des attentats de 2015, la Direction générale de la sécurité intérieure signe un contrat avec l'entreprise, à hauteur de 10 millions d'euros.

La DGSI est notamment séduite par le logiciel Gotham (allusion à la ville de Batman), qui permet de regrouper, de trier et d'ordonnancer des milliers de données afin de mieux identifier et cibler les réseaux terroristes.

Ce choix n'a pas manqué de susciter quelques inquiétudes. Est-il souhaitable de confier le renseignement et la sécurité intérieures de notre pays à des outils technologiques américains, en particulier s'ils sont si étroitement liés à la CIA ou à des opérations à ce point contestables?

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