C'est doré, ça brille, ça coûte cher: forcément, ça attire les regards. | Chris Gunn / NASA / AFP
C'est doré, ça brille, ça coûte cher: forcément, ça attire les regards. | Chris Gunn / NASA / AFP

Des pirates cherchent-ils à s'emparer du James Webb Space Telescope, successeur de Hubble?

Cela semble absurde, mais ce ne serait pas une première.

C'est une étrange idée, elle fait pourtant son chemin: certains spécialistes prennent très au sérieux l'éventualité d'un accaparement, par des pirates, du télescope spatial géant James-Webb, successeur attendu de Hubble.

Le James Webb Space Telescope, JWST pour les intimes, est un vieux projet mené par la NASA, appuyée par l'Agence spatiale européenne et son homologue canadienne. Comme le raconte The Atlantic, c'est un projet primordial pour l'avenir de l'observation spatiale, mais c'est un projet en très en retard, au budget largement au-delà des prévisions initiales et dont le nom même prête le flanc à la critique.

Alors que l'heure du lancement approche, a priori fin octobre depuis le centre spatial de Kourou dans une fusée Ariane 5 ECA, une nouvelle et très étonnante crainte se fait jour. D'une appétissante valeur de 10 milliards de dollars, l'objet a de quoi attirer l'attention de flibustiers modernes lors de son voyage en bateau entre la Californie, où Northrop Grumman et la NASA ont procédé aux ultimes tests, et la Guyane.

Si l'idée semble saugrenue, elle a néanmoins été abordée lors d'une réunion à laquelle l'astrophysicien Christopher Conselice a assisté. La date exacte du long voyage en bateau, qui devra notamment transiter par le canal de Panama, n'a pas été révélée par la NASA. L'agence a refusé de dire à The Atlantic si d'autres précautions, une escorte armée de la marine américaine par exemple, sont envisagées.

Pirates de l'espace

L'idée est certes saugrenue, mais elle n'a rien d'illogique. Elle trouve ses racines dans diverses mésaventures ayant émaillé l'histoire de l'observation spatiale, et que raconte le site américain.

L'une des premières de ces drôles d'anecdotes date de 1872, lorsque Samuel Langley, directeur de l'observatoire Allegheny à Pittsburgh, découvre un matin, abasourdi, que la lentille principale de son télescope a été escamotée.

Un mot signe le larcin, le voleur proposant de rendre la chose contre une rançon lors d'un échange nocturne dans une forêt voisine. Après tractations, l'indélicat finit par indiquer l'emplacement de l'optique: dans les poubelles d'un hôtel voisin, suffisamment abîmée pour nécessiter une coûteuse réparation.

The Atlantic relate aussi l'histoire de la structure du James Clerk Maxwell Telescope, qu'il fallait transporter de Grande-Bretagne à Hawaï. Le capitaine à qui la tâche est confiée ne part pas directement pour l'île du Pacifique, mais fait une escale inattendue aux Pays-Bas où, pour maximiser ses gains, il embarque également des produits hautement explosifs.

Arrivé très en retard à Hawaï après d'abracadabrantes aventures, le capitaine se voit imposer d'importantes pénalités. Qu'il refuse tout net: il menace de tout balancer à la mer s'il n'est pas intégralement rémunéré. Il faudra l'intervention d'un tribunal, d'une loi contre la piraterie et de gardes-côtes armés pour que la question soit réglée.

Plus récemment, en 2012, un autre télescope de la NASA a été «égaré» pendant plusieurs jours d'une grande panique, lorsque le chauffeur chargé de le transporter par la route s'est évanoui dans la nature. Celui-ci fut retrouvé dormant dans sa cabine sur une aire de repos –mais sans sa précieuse remorque. Elle fut localisée plus tard, un peu plus loin, abandonnée dans une station de lavage.

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