En Californie, les bateaux attendent en moyenne six jours pour être déchargés. | Ian Taylor via Unsplash
En Californie, les bateaux attendent en moyenne six jours pour être déchargés. | Ian Taylor via Unsplash

Les porte-conteneurs sont devenus tellement énormes qu'on n'arrive plus à les décharger

Les ports ne peuvent plus suivre le rythme. 

Au mois de mars, le blocage du canal de Suez par l'Ever Given est venu rappeler les problèmes causés par le gigantisme croissant des porte-conteneurs. Plus d'une centaine de navires de plus de 20.000 EVP (équivalent vingt pieds) sillonnent désormais les océans du globe.

Ces mastodontes aggravent considérablement les embouteillages dans les ports, qui n'arrivent plus à faire face à cet afflux de conteneurs, rapporte Quartz. Au port de Long Beach, en Californie, un navire moyen rapporte en moyenne 7.000 conteneurs actuellement, contre 4.000 avant la crise.

«La surabondance des conteneurs frappe une infrastructure portuaire déjà en situation de tension extrême, en particulier dans les vieux ports comme Long Beach qui a déjà accumulé de gros retards, atteste Turloch Mooney, directeur associé de l'analyse maritime et commerciale chez IHS Markit. Certains de ces ports sont aujourd'hui au-delà du point de rupture.» L'espace à bord des porte-conteneurs est devenu rare et coûteux, ce qui a incité les compagnies maritimes à entasser les cargaisons sur chaque bateau afin de maximiser leurs revenus.

Sauf que les ports ne sont tout simplement pas conçus pour charger et décharger des navires transportant autant de conteneurs. «Chaque poste d'amarrage dans un port a un nombre fixe de grues, qu'un navire arrive avec 1.000 ou 10.000 conteneurs», explique Quartz. Non seulement les conteneurs n'arrivent plus à être déchargés suffisamment vite, mais les ports n'ont aussi plus de place pour les stocker et les empiler.

La mer à boire

D'autres goulots d'étranglement attendent la marchandise à l'extérieur du port, les chemins de fer et les routes n'étant pas suffisamment dimensionnés. La crise est aussi amplifiée par la pénurie de chauffeurs. À Los Angeles, près d'un tiers des créneaux de nuit du port pour les camionneurs ne sont pas remplis, indique le Washington Post.

Résultat: des centaines de milliers de conteneurs poireautent au large des côtes en attendant de pouvoir accoster. Selon le site HDT, soixante-six navires seraient ainsi en attente depuis fin septembre au large des côtes de la Californie. «Les bateaux attendent en moyenne six jours pour se décharger, contre deux jours en temps normal», indique la station locale KTLA.

Au port de Jacksonville, en Floride, un nouveau projet de 72 millions de dollars permettra au terminal d'accueillir jusqu'à 500.000 EVP par an, soit 150% de plus qu'aujourd'hui.

Mais pour Stavros Karamperidis, chef du groupe de recherche sur le transport maritime à l'université de Plymouth, construire des bateaux toujours plus grands ne peut que nous mener dans une impasse. «Un plus grand nombre de navires de taille moyenne rendraient les chaînes d'approvisionnement plus fiables à l'avenir et n'imposeraient pas une demande accrue en ressources.»

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