C'est écrit, c'est foutu. | Catalin Pop via Unsplash
C'est écrit, c'est foutu. | Catalin Pop via Unsplash

Pourquoi l'humanité court inexorablement à sa propre perte

La domination est une malédiction.

Mille scénarios ont déjà été envisagés pour imaginer comment pourrait survenir la fin du monde: une éruption volcanique massive, une guerre nucléaire, une invasion extraterrestre, une météorite géante, une pandémie mortelle, voire une famine généralisée.

Aujourd'hui, et alors que les récits dystopiques et écologico-catastrophistes pullulent sur fond d'inquiétude sur le changement climatique, l'humanité ne s'est jamais aussi bien portée.

La population mondiale frôle les 7,8 milliards d'individus, et nous sommes deux fois plus nombreux sur Terre qu'il y a soixante-cinq ans. Les conditions de vie se sont améliorées et les craintes d'une guerre nucléaire généralisée se sont estompées.

La population humaine a pourtant failli disparaître à plusieurs reprises, rappelle le paléontologue Henry Gee dans le Scientific American. «Durant la majeure partie de son existence, soit environ 315.000 ans, l'humain était une espèce rare, voire très rare.»

Mais, depuis, le nombre d'êtres humains s'est multiplié à vitesse grand V, profitant de la supériorité intellectuelle de l'espèce. «Le résultat, c'est que l'Homo sapiens actuel est extraordinairement similaire à celui du Paléolithique. La variation génétique est plus marquée entre quelques troupes de chimpanzés sauvages que celle qui distingue les membres de l'ensemble de la population humaine», affirme Henry Gee.

Or, l'absence de variation génétique n'est jamais bonne pour la survie des espèces, souligne le paléontologue.

«Dette d'extinction»

En effet, la capacité d'une espèce à s'adapter aux changements de conditions environnementales est la clé de sa survie: les individus dont les traits génétiques sont favorables à l'adaptation dans un environnement en fonction de son évolution contribuent à la perpétuation de leurs semblables.

On observe par exemple que les lièvres et les renards polaires perdent leur pelage blanc en hiver au fur et à mesure que la neige se raréfie. Mais, pour que cette caractéristique perdure, il faut au choix que l'espèce se reproduise rapidement (pour que les nouveaux gènes se transmettent plus vite dans la population), ou que les changements s'étalent dans le temps.

Deux conditions loin d'être réunies dans notre cas. Pour prendre un exemple d'actualité, la pollution, un sous-produit de l'activité humaine, réduit la qualité du sperme.

Mais la menace la plus insidieuse qui pourrait faire disparaître l'humanité est celle que les spécialistes résument par l'expression «dette d'extinction», explique le chercheur. «Il arrive un moment où, même chez les espèces qui semblent prospérer, l'extinction devient inévitable, peu importe ce qu'elle pourrait faire pour l'éviter», avertit Henry Gee.

L'Homo sapiens s'accapare déjà 25 à 40% de toute la matière organique produite par les plantes sur Terre, ce qui non seulement nuit aux autres espèces, mais représente un péril pour son existence même, car, ce faisant, il est en train de dilapider son «capital».

«En tant qu'espèce dominante, nous sommes déjà sans doute en train de marcher vers notre propre mort», philosophe le paléontologue. Les dinosaures, qui régnaient en maîtres absolus au Jurassique, ont finalement été remplacés par des petites souris à l'issue d'une série de catastrophes. Une leçon à méditer, nous disparaîtrons peut-être au profit des scorpions.

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