Celui-ci n'est sans doute pas comestible, mais il a le mérite d'être joli. | David Clode via Unsplash
Celui-ci n'est sans doute pas comestible, mais il a le mérite d'être joli. | David Clode via Unsplash

Quand les astronautes feront pousser des poissons sur la Lune

L'aquaculture spatiale procure des avantages nutritionnels et psychologiques aux futurs habitants du village lunaire.

Lors de son voyage à bord de la station spatiale internationale en 2016, Thomas Pesquet avait eu droit à des petits plats concoctés par les chefs étoilés Alain Ducasse et Thierry Marx. Au menu: magret de canard confit, volaille en parmentier, homard breton ou crémeux au citron cuit au four.

Rien de tout cela n'était hélas de la nourriture fraîche, et toutes les boîtes ont dû être emportées depuis la Terre. Alors, quand il s'agira d'aller habiter sur la Lune ou sur Mars pour des missions de longue durée, il faudra bien trouver un moyen de cuisiner sur place.

Plusieurs expériences de culture en microgravité ont déjà été menées sur de la laitue romaine, du mini chou chinois, des radis ou des poivrons. Mais côté protéines, les perspectives sont relativement pauvres.

C'est pourquoi Cyrille Przybyla, un chercheur de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer), s'est lancé en 2018 dans le projet Lunar Hatch, visant à élever des poissons dans l'espace.

20.000 lieues au-dessus des mers

Les poissons, barbotant dans un grand réservoir, seraient nourris par «de nouvelle sources de protéines et de lipides», et leurs effluents recyclés par des micro-algues, détaille la fiche du projet.

«Je préconise d'envoyer des œufs et non du poisson, parce que les œufs et les embryons résisteront mieux au voyage», explique Cyrille Przybyla au magazine Hakai.

Pour s'assurer que l'idée est viable, le chercheur a fait subir aux œufs une simulation de décollage. Non seulement ils ont survécu à l'épreuve, mais 76% à 95% d'entre eux ont ensuite éclos, un résultat proche du taux de ceux n'ayant subi aucune vibration.

Pour autant, toutes les espèces ne sont pas adaptées pour un séjour dans l'espace. Les poissons ne doivent pas consommer trop d'oxygène, résister aux variations de température et au rayonnement cosmique, et avoir un temps d'éclosion court.

Exit donc le filet de saumon et le cabillaud. Au final, deux espèces ont été retenues: le bar et le maigre. Mais il y a aurait encore mieux, d'après Luke Roberson, chercheur au centre spatial Kennedy de la NASA en Floride: les invertébrés comme les moules et les crevettes, qui offrent une ration calorique bien supérieure à masse équivalente.

Outre l'avantage nutritionnel de l'aquaculture lunaire, Cyrille Przybyla assure que l'élevage de poissons procure un bien-être psychologique. «Un jardin, un réservoir à poissons, tout cela rappelle la vie sur Terre», met-il en avant. S'occuper de petits poissons et surveiller ses tomates apporterait sans conteste un peu de distraction aux astronautes.

Lunar Hatch n'est qu'un des 300 projets actuellement étudiés par l'Agence Spatiale Européenne pour l'alimentation des futurs habitants du Village lunaire.

La NASA planche elle aussi sur le sujet: elle a récemment lancé le concours Deep Space Food Challenge, avec 500.000 dollars à la clé, pour trouver de nouvelles méthodes pour cultiver des produits sains et frais dans l'espace. Une sorte de Top Chef, version martienne.

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