Il reste encore sur Terre quelques lieux inexplorés par l'être humain. | Torsten Dederichs via Unsplash
Il reste encore sur Terre quelques lieux inexplorés par l'être humain. | Torsten Dederichs via Unsplash

Sous l'eau glacée de l'Arctique, des robots partent à la recherche d'un monde inconnu

Digne d'un film de James Cameron, l'aventure rassemble des équipes de recherche issues d'une vingtaine de pays.

Depuis le mois de septembre 2019, l'expédition MOSAiC, la plus grande jamais réalisée au cœur de l'océan Arctique, avance vers le pôle Nord à bord du navire de recherche et brise-glace Polarstern. Le vaisseau allemand se laisse glisser à travers 2.500 kilomètres d'océan, prisonnier volontaire des glaces.

L'odyssée glaciale regroupe 600 expert·es de différents domaines qui veulent tout comprendre à cet environnement mystérieux et presque inexploré. Atmosphère, océan, glace marine, faune: les données recueillies pourraient faire passer les recherches climatiques du monde entier à un autre niveau.

Sous la houlette d'un consortium international d'institutions de recherche polaire, l'expédition a réussi à récolter un budget de 120 millions d'euros et à convaincre une vingtaine de pays de participer, dont la France. Le navire Polarstern voguera en Arctique jusqu'en septembre 2020.

Un ice camp («camp glacé») a été établi pour permettre aux scientifiques de mener à bien leurs recherches. Amarré à un morceau de banquise choisi avec minutie, il a été transformé en une sorte de ville où l'on retrouve quatre stations scientifiques: ROV City, Ice City, Ocean City et Met City.

Nuit polaire

Les stars de ROV City s'appellent... ROVs, pour «remotely operated vehicules». Ce sont de petits robots téléguidés et submersibles, équipés de capteurs, de caméras et d'un bras robotique. Depuis la base de lancement, les ROVs sont envoyés chaque jour jusqu'à 4.000 mètres sous la surface de l'océan Arctique.

Grâce à eux, les scientifiques vont se doter d'une vision d'un monde encore inconnu: les fonds marins de l'Arctique. «C'est la première fois que nous sommes capable de suivre dans sa totalité le cycle saisonnier [de l'Arctique] sous l'eau», indique à Gizmodo Marcel Nicolaus, un chercheur allemand spécialisé dans l'étude de la banquise au sein du Alfred Wegener Institute. Jusqu'ici, aucune expédition scientifique n'était restée sur place durant la nuit polaire.

Au cours d'une année, l'Arctique passe en effet de longs mois de soleil perpétuel à une nuit absolue. L'un des principaux objectifs des ROVs sera de mesurer l'impact de ce changement lumineux sous la glace.

L'écosystème de l'océan Arctique change en fonction de la luminosité et les équipe de recherche tâcheront d'analyser le renouvellement écologique se déroulant durant ces différentes périodes.

Le but ultime des ROVs sera néanmoins de capturer assez de données pour mettre au point des modèles de prédiction sur la manière dont la banquise fond, en lien avec le changement climatique causé par l'être humain.

Une odyssée fascinante, optimiste et robotique qui ferait sans aucun doute envie à Jules Verne.

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