Ces événements festifs représentent des espaces de liberté que la surveillance pourrait brider. | Nicholas Green via Unsplash
Ces événements festifs représentent des espaces de liberté que la surveillance pourrait brider. | Nicholas Green via Unsplash

Aux États-Unis, une association lutte pour exclure la reconnaissance faciale des salles de concert

Speedy Ortiz ou Tom Morello, notamment, s'inquiètent des discriminations éventuelles liées à l'usage de la vidéosurveillance.

La reconnaissance faciale va-t-elle s'imposer sur les lieux de festivités du monde entier? Aux États-Unis, un collectif d'artistes et de défenseurs des droits civiques craint que cette technologie devienne la norme dans les salles de concert et de spectacle. Le groupe cherche à mobiliser le public pour bannir ces dispositifs de surveillance.

Ces dernières années, outre-Atlantique, la reconnaissance faciale s'est imposée dans de nombreux espaces publics et privés, comme les aéroports ou les grandes surfaces.

L'industrie musicale avait toujours refusé de mettre un doigt dans l'engrenage. Jusqu'à ce que Live Nation Entertainment, le mastodonte californien d'organisation et de promotion de spectacles, décide d'introduire des systèmes de vidéosurveillance dans les événements organisés par ses soins.

Un scan de visage vaudra celui du ticket pour mettre les pieds dans les salles de concerts et les festivals.

Discriminations

L'association Fight for the Future a décidé de réagir. Au début du mois de septembre, elle a mis un site en ligne pour appeler au bannissement de cette technologie. Des artistes comme Speedy Ortiz, The Glitch Mob ou Tom Morello du groupe Rage Against The Machine ont vite fait de s'associer à l'initiative.

Les responsables de l'association craignent que les «fans sans papiers, de couleurs, trans ou avec des antécédents judiciaires» subissent des discriminations à l'entrée des lieux dédiés à la musique live.

«La reconnaissance faciale est dangereuse. Elle ne garantit pas la sécurité des fans ou des artistes. Elle les soumet à une surveillance invasive, biaisée racialement. Les membres des minorités, inévitablement, risquent d'être harcelés, arrêtés sous de faux prétextes ou expulsés», note Evan Greer, directeur de Fight for the Future, dans un communiqué.

Aux États-Unis, la chanteuse Taylor Swift avait déclenché une polémique quand, en 2018, elle avait voulu installer un système de reconnaissance faciale à l'entrée de ses shows afin de repérer ses stalkers dans la foule.

En France, la mairie de Nice est la seule à avoir utilisé ce type de technologie, à l'occasion de la 135ème édition du carnaval, cet été. La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a depuis émis plusieurs réserves sur le dispositif.

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