Imprimer en 3D, chez soi, une arme mortelle est malheureusement assez simple. | Capture d'écran via YouTube
Imprimer en 3D, chez soi, une arme mortelle est malheureusement assez simple. | Capture d'écran via YouTube

Personne n'arrêtera les armes imprimées en 3D

Les plans de fabrication autrefois échangés publiquement sur les réseaux sociaux le sont désormais sous le manteau.

C'est un portrait assez inquiétant que le Wired britannique, appuyé par un article publié sur The Trace, dresse de l'impression d'armes en 3D. Le procédé n'est pas neuf. Dans de nombreux pays, à commencer par les États-Unis où la possession d'une arme à feu est un droit garanti par la sacro-sainte Constitution, la loi reste évasive et changeante sur la question.

Y sont interdites de fabrication les armes indétectables: il est donc obligatoire d'ajouter à l'objet une quantité suffisante de métal pour qu'il ne tombe pas sous le coup de l'Undetectable Firearms Act. Fabriquer une arme dans le confort de son salon reste tout à fait possible, à condition que son porteur sonne s'il passe un portique de sécurité –en dehors de ceci, rien ne l'empêche en revanche de faire un carton si la funeste envie le prend.

Le hobby des armes

Les autorités américaines ont essayé de contenir le phénomène, en particulier la diffusion libre ou payante des plans permettant à quiconque d'imprimer un tel objet de mort. Fin août 2018, la justice américaine a essayé de faire fermer Defense Distributed, officine tenue par le crypto-anarchiste Cody Wilson –le garçon a pu, en quelques jours, relancer son petit business avant de se mettre hors jeu. Même Donald Trump, pas vraiment un anti-gun campainer, a fini par s'inquiéter de la situation.

Depuis, certains États (New Jersey, New York, Californie) ont interdit la distribution d'armes et de plans d'armes intraçables. Mais les trous juridiques restent nombreux et Cody Wilson n'était que la partie émergée de l'iceberg. Comme le note The Trace, les réseaux sociaux ont été de très vivants espaces d'échanges pour la communauté d'amateurs et d'amatrices de flingues imprimés.

Mais ainsi que le détaille Wired, beaucoup de ces personnes ont choisi de continuer leur travail de création et de diffusion d'une manière plus discrète. Signal, Discord, Twitter, Spee.ch, forums: les plateformes où plans, idées ou conseils de fabrication peuvent s'échanger dans l'ombre sont nombreuses. Et, surtout, la forme décentralisée de ce réseau aux tristes desseins fait que la coupure de l'un de ces canaux n'interrompt jamais le travail collectif.

Wired a pu interroger l'un des plus proéminents armuriers de l'ombre, connu sous le sobriquet d'Ivan The Troll et membre d'un groupe nommé Deterrence Dispensed, en référence au pionnier Cody Wilson.

«S'ils viennent me chercher, il faudra d'abord qu'ils trouvent mon identité», lance-t-il à propos des autorités américaines. «Je suis l'un des très, très nombreux individus partageant les mêmes idées et faisant ce genre de travail», ajoute le jeune homme, qui ne voit son œuvre que comme un simple hobby.

Dans un pays en paix sur son territoire mais qui fait partie des six nations comptant le plus de morts par armes à feu, on peut imaginer des hobbies plus tranquilles que la diffusion de plans et de conseils pour la fabrication d'objets létaux.

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