La quantification du moindre post sur internet entame-t-elle son déclin? | Artem Beliaikin via Unsplash
La quantification du moindre post sur internet entame-t-elle son déclin? | Artem Beliaikin via Unsplash

Cachez ces likes que l'on ne voudrait plus voir

Les réseaux sociaux ont fait de nous des accros aux likes, partages, follows, vues, réponses ou retweets. Un cercle vicieux que les plateformes cherchent désormais à rompre.

En ligne, tout est quantifiable. Une idée, un mouvement politique ou social, un mème ou une information. Une vidéo sur YouTube ayant accumulée 100.000 vues aura plus d'impact qu'une vidéo qui a été visualisée dix fois –peu importe la qualité du contenu ou le fait que l'on puisse aisément acheter ces visionnages. Ce sont toutes ces astuces qui favorisent l'engagement qui participe à mettre en avant les contenus sur les réseaux sociaux. À cela, rien de fortuit.

Les plateformes telles que Facebook, Twitter, YouTube, Instagram, Tumblr ou Reddit ont créé et encouragé l'utilisation de ces outils. Bénéfiques à leur business, ils encouragent les personnes qui y sont inscrites à rester ou à revenir sur les plateformes.

Cette course à la popularité a pris une place prépondérante dans le monde numérique. Mais cette visibilité à tout prix est dorénavant remise en question. Ces méthodes attirent l’œil des critiques, inquiets des effets que la course aux likes aura sur la santé d'internet et sur la société.

Ces deux dernières années, de nombreuses plateformes tentent de faire machine arrière en modérant le pouvoir de ces indicateurs mesurables de popularité.

Facebook, YouTube, Instagram (possession de Facebook) et Twitter testent des façons de promouvoir une conversation saine en ligne, en masquant ou en atténuant les indicateurs clés du succès sur leurs plateformes.

Pompiers pyromanes

C'était compter sans leurs membres, en tout cas ces internautes qui gagnent leur vie en monnayant leur influence et qui ont besoin de ces fonctionnalités pour exister. Les réseaux se retrouvent dans la position délicate de devoir faire face à leur grogne tout en tenant compte de la majorité qui aspire à se désintoxiquer.

En 2018, lorsqu'un article du Telegraph a affirmé que Jack Dorsey, créateur de Twitter, pourrait supprimer le bouton en forme de cœur, les membres du réseau ont critiqué en masse cette décision, menaçant même de le quitter.

En mai, YouTube a annoncé que le nombre d'abonnements à ses chaînes seraient affichés en version longue (au lieu de 1.340.870 personnes, nous voyons actuellement 1,3M), ce qui n'a pas manqué de provoquer la panique chez les propriétaires de grandes chaînes.

Les protestations contre cette réforme se sont ensuite multipliées sur Twitter et Instagram. Cette dernière teste la dissimulation des likes dans certains pays comme l'Australie. Les chiffres relatifs à l'engagement ne sont visibles rien que pour les yeux des personnes qui ont créé le contenu concerné. Là encore, de nombreuses personnes craignent une généralisation du renoncement aux likes. Pour le meilleur?

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