Aaron Sorkin à l'AFI Fest, le 16 novembre 2017 à Hollywood. | Alberto E. Rodriguez / Getty Images for AFI / AFP
Aaron Sorkin à l'AFI Fest, le 16 novembre 2017 à Hollywood. | Alberto E. Rodriguez / Getty Images for AFI / AFP

Aaron Sorkin, scénariste de «The Social Network», règle ses comptes avec Mark Zuckerberg

L'auteur de «The West Wing» piétine les déclarations du patron de Facebook sur la liberté d'expression.

Aaron Sorkin connaît bien Mark Zuckerberg. Scénariste admiré de The West Wing, de The Newsroom ou de La Guerre selon Charlie Wilson, il est aussi l'homme qui a adapté pour le cinéma The Accidental Billionaires - The Founding of Facebook, a Tale of Sex, Money, Genius and Betrayal. Paru en 2009, l'essai de Ben Mezrich sur la création de Facebook et ses acteurs est devenu l'année suivante The Social Network, réalisé par David Fincher.

Sorkin a déjà eu maille à partir avec Zuckerberg. Vexé par le film lui étant consacré, ce dernier a longtemps mis en cause sa véracité. C'est justement ce rapport à la vérité qu'Aaron Sorkin a étrillé dans une tribune pour le moins acide, publiée par le New York Times le 31 octobre.

«Attaque contre la vérité»

En cause: le discours de Zuckerberg à l'université de Georgetown, lors duquel le PDG de Facebook, s'appuyant sur le sacro-saint premier amendement de la Constitution américaine, a affirmé que la modération des mensonges publiés par les politiques en campagne, notamment sous forme de publicités payées, n'étaient pas du ressort de sa plateforme.

Aaron Sorkin note l'ironie de la situation. Zuckerberg, qui se pose en ardent défenseur du principe du free speech, est aussi celui qui a cherché à maîtriser le portrait de lui dessiné par The Social Network, écrit sous l'étroite surveillance d'une armée d'avocats de Sony Pictures.

Le scénariste relate une projection privée organisée pour Sheryl Sandberg, chef des opérations de Facebook. «Comment pouvez-vous faire ça à un gosse?», se serait-elle exclamée au milieu du film, à propos d'un homme ayant alors déjà 26 ans.

«Comment pouvez-vous faire ça à des dizaines de millions d'enfants?», lui suggère désormais de se demander Sorkin. Il compare Facebook à un réseau d'eau potable, dans lequel Zuckerberg est prêt à déverser des contenus qui «corrompent les décisions les plus importantes que nous ayons à prendre collectivement», des «mensonges qui ont un effet très réel et incroyablement dangereux sur nos élections, nos vies et celles de nos enfants».

Citant une publicité officielle contenant des tombereaux de mensonges sur Joe Biden, relevant également que 40% des Américain·es se sont informé·es via Facebook en 2017, Sorkin soutient que «ce n'est pas une défense de la liberté d'expression, Mark, mais une attaque contre la vérité» –une distinction que Jack Dorsey semble de son côté avoir comprise.

Conscient que les enjeux démocratiques dépassent notre maîtrise actuelle des manipulations permises par les réseaux sociaux, le patron de Twitter a décidé de bannir la publicité politique de son réseau social.

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