Ce serait moins cher d'acheter une bonne webcam. | Diana Polekhina via Unsplash

Ce serait moins cher d'acheter une bonne webcam. | Diana Polekhina via Unsplash

Les réunions en visioconférence boostent la chirurgie esthétique

La lumière blafarde des webcams nous met rarement à notre avantage.

«Sur l'écran de mon ordinateur, j'avais l'impression d'avoir 5 kilos de plus et ma peau donnait un aspect crêpé», témoigne Kim, une actrice new-yorkaise de 57 ans passée sous le bistouri à l'été 2020. «Je ne supportais plus l'image de mon visage renvoyée par mon écran», raconte pour sa part Deliza Costa, une responsable des ventes basée au Brésil, dans le Wall Street Journal. «J'avais fini par accorder plus d'attention à mes imperfections qu'à l'appel lui-même.»

La généralisation du port du masque et la diminution des interactions auraient pu laisser penser que l'apparence prendrait moins d'importance. Selon Nielsen, les ventes de produits de beauté ont effectivement chuté de 17% sur les huit premiers mois de l'année 2020 en France, et celles du rouge à lèvres de 75% pendant le premier confinement.

Avec le recours massif au télétravail et aux visioconférences, une grande partie des rapports sociaux prennent désormais place par écran interposé. Or, entre les lumières blafardes et les angles obliques des webcams, la réunion virtuelle nous met rarement à notre avantage. Alors pour se donner un petit coup de frais, la chirurgie esthétique séduit de plus en plus.

Selon l'Académie américaine de chirurgie plastique et reconstructrice, la pandémie a entraîné une augmentation de 10% des opérations esthétiques dans le pays, rapporte The Economist.

Le bistouri ne connaît pas la crise

En France, malgré le report des opérations considérées comme non essentielles, l'activité est en hausse de près de 20%, estime la Société française des chirurgiens esthétiques et plastiques. En Italie, le chiffre d'affaires du Studio Cicogna, une clinique de chirurgie plastique située à Trévise, a augmenté de près d'un tiers malgré plus de trois mois de fermeture.

Les visioconférences ne sont pas le seul élément de la pandémie à pousser sous le bistouri. Les périodes de confinement ont libéré du temps libre, et l'argent économisé en voyages ou en sorties a pu à la place être dépensé pour ces opérations.

Autre tendance notable: l'intérêt croissant des hommes pour la chirurgie esthétique. Avant la pandémie, un patient sur dix au Studio Cicogna était un homme. «Aujourd'hui, c'est un sur cinq», se réjouit la clinique. En Grande-Bretagne, les hommes représentent désormais 40% des rajeunissements de la peau, selon Save Face, qui regroupe 852 praticien·nes.

Reste à savoir si la tendance va s'inscrire dans la durée. Mais à l'approche des beaux jours, le secteur anticipe déjà une hausse de son activité. Face à la pandémie, tous les médecins sont décidément mobilisés.

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