La fortune n'empêche pas la cleptomanie. | Tom Quandt via Unsplash
La fortune n'empêche pas la cleptomanie. | Tom Quandt via Unsplash

Les riches volent plus que les pauvres

Le vol à l'étalage n'est pas l'apanage des personnes défavorisées –bien au contraire.

Andrew Francis Lippi III est un riche avocat résidant en Floride. Le 6 avril 2019, il est arrêté dans un supermarché à Key West, après avoir essayé de retourner des achats pour obtenir un remboursement.

Alors qu'il avait acheté deux machines à café (une Keurig à 153,99 dollars et une Hamilton Beach à 54,99 dollars), il a rendu un emballage contenant un ballon de basket dégonflé, ainsi qu'une autre boîte lestée d'une vieille machine à café. Quelques semaines plus tôt, Lippi achetait une île dans l'archipel des Keys, au sud de la Floride, pour 8 millions de dollars.

Le Guardian pose la question: pourquoi un multimillionnaire se prêterait-il à un larcin de ce type alors qu'il a les moyens d'acheter plusieurs dizaines de milliers de cafetières?

Selon Kabinet Bangoura, responsable de la prévention des pertes de Kmart interrogé par le quotidien britannique, «les millionnaires pensent qu'ils sont au-dessus de la loi et qu'ils peuvent s'en tirer à bon compte».

Le vol à l'étalage est un sport qui transcende les classes sociales, le genre et l'âge. Une personne sur onze s'y adonnerait en moyenne, mais les riches franchiraient plus souvent le pas que les pauvres. En 2008, une étude conduite par l'American Journal of Psychiatry indiquait que les personnes gagnant 70.000 dollars [63.000 euros] par an volaient davantage que celles touchant annuellement 20.000 dollars [18.000 euros].

Mal-être ou morale défaillante

Entre 2016 et 2018, c'est une avocate qui volait des cosmétiques dans un magasin d'une base militaire à Quantico, en Virginie, pour un total (modeste) de 257,99 dollars. En septembre 2018, la sergente Eva Pena, qui travaille pour la police de New York, a été prise en train de voler des vêtements chez Macy's. Cette dernière gagnait plus de 107.000 dollars par an mais n'avait pas souhaité s'acquitter des 359 dollars que coûtaient les habits.

Terrence Shulman, fondateur d'un centre d'aide aux personnes concernées par le vol et les achats compulsifs ou l'accumulation maladive, souligne que «le vol n'est que la première couche de l'oignon» et qu'«au-dessous se trouvent toutes les pertes non résolues, les traumatismes, les agressions et les souvenirs refoulés».

D'autres spécialistes ont beaucoup moins tendance à disculper les plus fortuné·es. Le psychologue Stanton E. Samenow détaille le mode de pensée des individus commettant des vols en prenant l'exemple d'un patient qui appréciait le challenge représenté par l'infraction. Il fallait d'aborder identifier l'objet à subtiliser, chercher une sortie puis esquiver les vigiles: «C'était une question d'excitation et d'estime de soi.»

Plus simplement, les riches ont peut-être des principes moraux plus flexibles, comme le suggèrent plusieurs études portant sur le respect des lois et des conventions sociales.

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