Sur la scène de l'attentat, à Saint-Pétersbourg. | Stringer Anadolu Agency via AFP
Sur la scène de l'attentat, à Saint-Pétersbourg. | Stringer Anadolu Agency via AFP

Une bombe tue Vladlen Tatarski, star des blogueurs militaires russes, en plein Saint-Pétersbourg

Comment dit-on «la nuit des Longs Couteaux» en russe?

Il était l'un des blogueurs militaires les plus fameux de la sphère russophone, l'un des plus durs et, parfois, l'un des plus acerbes vis-à-vis du ministère de la Défense de son pays d'adoption. Vladlen Tatarski, Maxim Fomin de son vrai nom, est mort dans un attentat à la bombe mené directement contre sa personne dans un bar de Saint-Pétersbourg, dimanche 2 avril.

Vladlen Tatarski était notamment célèbre pour son discours sans pitié, voire génocidaire, vis-à-vis de l'Ukraine, de son peuple et de son gouvernement, déroulé dans la vidéo visible ci-dessous, enregistrée juste après une rencontre avec le président russe Vladimir Poutine.

Dimanche, le blogueur se trouvait dans un bar nommé le Street Food Bar № 1, qui a appartenu ou appartient encore à Evgueni Prigojine. Dans le cadre d'un salon de discussion nommé «Cyberfront Z», il y tenait une conférence sur son nouveau métier de pseudo-reporter de guerre sur Telegram, plateforme sur laquelle il compte plus de 500.000 abonnés.

Peu après son arrivée une femme a été vue offrant une petite statue à cet intervenant de luxe. Ce serait l'objet détonnant qui a tué le blogueur et blessé des dizaines d'autres personnes.

Embrouillamini

Nombre de commentateurs russes, officiels ou médiatiques, ont été prompts à accuser l'Ukraine. Certains pointent des pistes, certes maigres, qui pourraient mener à une étudiante en arts plastiques –qui porteraient bien leur nom– nommée Maria Yaroun et originaire d'Ivano-Frankivsk, dans l'ouest de l'Ukraine.

Tous et toutes, bien sûr, demandent à ce que le pays soit intégralement rasé pour ses méfaits, ainsi que le rapportent Meduza ou l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW).

«Vladlen Tatarski a été tué dans le centre de Saint-Pétersbourg. Des terroristes ukrainiens l'ont tué. Ils sont à l'évidence partout dans notre pays. Ils tueront et feront sauter des choses. Mais nous ne sommes pas en guerre contre le peuple ukrainien. Et nous allons donner des leçons aux porcs ukrainiens», a ainsi écrit Anton Krasovski, ancien patron de la chaîne RT.

«Quand notre pays va-t-il commencer à répondre?», s'est quant à elle emportée Tina Kandelaki, l'une des dirigeantes de Gazprom Media. «Les terroristes ont de la lumière, de l'eau, des restaurants, internet, les leaders de ces tueurs se promènent partout dans le pays avec des caméras.»

Rien pour l'instant n'indique pourtant qu'un quelconque groupe ukrainien soit derrière l'attentat –pas plus que l'inverse. L'événement ressemble surtout au résultat sanglant des luttes intestines en cours dans les sphères militaires russes, le Groupe Wagner et le ministère de la Défense étant engagés dans une bataille sans pitié pour le pouvoir.

Evgueni Prigojine, qui a mis son bar à disposition du club de discussion, est ainsi beaucoup moins affirmatif que les commentateurs russes, prompts à pointer l'Ukraine du doigt. Ainsi que le relate l'ISW, il a expliqué le 2 avril qu'il «n'accuserait pas le régime de Kiev» pour l'attentat contre Vladlen Tatarski. Un peu plus tard, il clamait –sans doute à tort– que Bakhmout avait fini par tomber et être prise par le Groupe Wagner, et rendait hommage de manière aussi publique que visible au blogueur.

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