L'enterrement de l'un des milliers de soldats russes tombés en Ukraine. | AFP
L'enterrement de l'un des milliers de soldats russes tombés en Ukraine. | AFP

Vladimir Poutine ferait face à un coup d'État «impossible à arrêter»

Et la Russie aurait déjà perdu un tiers de sa force d'invasion. Le début de la fin?

Qui l'eût cru? La Russie, son armée considérée comme la seconde plus puissante du monde, ses centaines de milliers d'hommes massés aux frontières, ses milliers de chars et sa puissante aviation ne devaient faire qu'une bouchée de l'Ukraine.

Le blitzkrieg espéré et planifié par Vladimir Poutine et ses généraux un peu trop optimistes n'a pas eu lieu. Plus de quatre-vingts jours après le début de l'invasion russe, les échecs se suivent et se ressemblent: après avoir échoué à prendre Kiev et entamé la bataille pour le Donbass, la Russie s'est vue contrainte d'abandonner ses plans sur Kharkiv.

La ville et sa région ont ainsi été reprises par les forces ukrainiennes, désormais bien mieux armées grâce au flux continu d'armes lourdes envoyées par l'Occident et dont les contre-offensives se révèlent particulièrement efficacesvoire carrément humiliantes.

Alors l'Ukraine s'enhardit. Elle ne vise plus seulement la résistance: elle toise désormais la victoire. Appuyé par les propos du chef de l'OTAN, le chef du renseignement militaire ukrainien Kyrylo Budanov a ainsi avancé lors d'une interview donnée à Sky News que son pays pouvait défaire la Russie d'ici à la fin de l'année, et reprendre des territoires perdus dans le Donbass comme en Crimée.

La fin de Poutine?

Le renseignement britannique n'est pas beaucoup plus optimiste quant aux chances de la Russie de l'emporter en Ukraine –quoi que «l'emporter» puisse désormais signifier pour un pays comme pour l'autre.

Ainsi, lors de l'un de ses récents comptes-rendus publics, le ministère britannique de la Défense a affirmé que la Russie avait d'ores et déjà perdu jusqu'à un tiers des effectifs engagés dans la guerre en Ukraine.

«L'offensive russe dans le Donbass a perdu de son énergie et est désormais significativement en retard sur les prévisions. Malgré de petites avancées initiales, la Russie a échoué à faire des gains territoriaux substantiels lors du dernier mois, tout en subissant continuellement de hauts niveaux d'attrition», est-il ainsi communiqué dans une transparence qui, sans doute, n'est pas tout à fait innocente.

Les Britanniques notent que le moral des troupes russes reste au plus bas, et que leur action est entravée par la perte de nombreux éléments cruciaux pour leur avance, au premier rang desquels les drones permettant un renseignement fluide sur le champ de bataille, ou les ponts flottants limitant grandement leur mobilité dans l'est de l'Ukraine.

Alors que la pression s'accentue sur un Vladimir Poutine de plus en plus isolé, avec notamment l'annonce par la Finlande puis la Suède de leur probable prochaine adhésion à l'OTAN, Kyrylo Budanov s'est avancé dans d'autres domaines que celui strictement militaire lors de son interview à Sky News.

Selon des propos plutôt surprenants, qui bien sûr doivent être pris avec quelques grosses pincettes et sont sans doute une manière d'accentuer à distance la pression sur la tête du Kremlin, les jours de Vladimir Poutine à la tête de son pays seraient comptés.

À écouter sur Slate AudioÀ quoi joue Vladimir Poutine?

Le chef du renseignement militaire ukrainien a ainsi expliqué que la défaite russe qu'il entrevoit avant la fin de l'année allait «mener à un changement de leadership pour la Fédération de Russie», indiquant un brin mystérieusement que «le processus était déjà en marche».

Un coup d'État serait-il déjà en marche? lui est-il demandé. «Oui», répond-il sans grande hésitation. «C'est la direction qu'ils prennent, et il est impossible de l'arrêter», dit-il, sans préciser qui sont ces «ils». Ajoutant du sel dans la plaie, Budanov a remis le thème de la supposée maladie de Poutine sur la table.

Vladimir Poutine serait «dans un très mauvais état psychologique comme physique, et il est très malade». Il accrédite ainsi la thèse d'un chef de l'État russe luttant contre la maladie, que certains éléments ces derniers mois ont pu consolider. Un oligarque russe anonyme aurait expliqué qu'il souffrait d'un cancer du sang non spécifié, et qu'il aurait dû subir une opération du dos liée à cette affection.

Selon une enquête semble-t-il solide du média russe d'investigation indépendant Proekt, et dont Slate s'était fait l'écho, c'est d'un cancer de la thyroïde que souffrirait l'inflexible patron du Kremlin.

D'autres détails ont ces dernières semaines semé le trouble sur son état de santé, comme des images le montrant le visage bouffi, possiblement par la prise de cortisone, ou tentant de calmer ce qui ressemblait à une crise de tremblements lors d'une rencontre avec son ministre de la Défense Sergueï Choïgou.

Difficile de démêler le vrai du faux dans l'ensemble de ces propos et rumeurs, en particulier dans les déclarations de Kyrylo Budanov, dont le but est sans doute de saper à distance la position et l'autorité d'un Vladimir Poutine à qui il reste pourtant plus d'un tour dans le sac.

Avec une situation militaire qui pourrait être en train de basculer clairement en faveur de l'Ukraine, ils révèlent néanmoins un changement assez notable dans le rapport de force entre l'attaquant et l'attaqué.

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