Rien de suspect a priori sur cette photo prise de l'espace. Sauf, peut-être, pour un œil expert ou une intelligence artificielle. | NASA via Unsplash
Rien de suspect a priori sur cette photo prise de l'espace. Sauf, peut-être, pour un œil expert ou une intelligence artificielle. | NASA via Unsplash

Des images satellite au secours des esclaves

Depuis 2017, le Rights Lab de l’université de Nottingham en Angleterre recherche des indices pour localiser les sites d’esclavage autour du globe, grâce à des images satellites.

L’espace offre décidément de multiples opportunités, et nous n’en connaissons sûrement qu’une infime partie. C’est le constat établi par l’équipe du Rights Lab de l’université de Nottingham en Angleterre.

En 2017, Doreen Boyd, l'une des chercheuses du laboratoire, a découvert quelque chose d’étrange via des études d’images satellite –une drôle d’infrastructure ovale, très grande et toute poussiéreuse, qui ressemblait à première vue à un lycée désaffecté, au cœur du Rajasthan en Inde. Mais à mieux y regarder, ce site inhabituel recouvrait en réalité un four à briques, un lieu esclavagiste malheureusement très courant en Asie du Sud-Est et dans lesquels les personnes sont soumises au travail forcé pour fabriquer l'indispensable élément de construction.

Des méthodes qui s'affinent

Les scientifiques ont ainsi mis en évidence une nouvelle utilité pour les images capturées depuis l’espace: identifier les sites d’esclavage, difficilement détectables sur Terre, pour les compter et aider les Organisations non gouvernementales (ONG) sur place à cibler et prendre des mesures contre les propriétaires de ces lieux. Au vu du nombre de satellites tournant chaque jour autour de la planète et de la quantité de données qu’ils récoltent quotidiennement, il va sans dire que cet usage est porteur d’espoir.

L’équipe de Rights Lab réalise, depuis cette découverte, de multiples expérimentations, en travaillant avec une intelligence artificielle entraînée à identifier des fours à briques pour plus de rapidité. Après de premiers essais, celle-ci a été capable de reconnaître 169 des 178 fours décomptés au Rajasthan.

Les chercheurs et chercheuses comptent désormais travailler avec les petits satellites de l’entreprise Planet, qui capturent de multiples images de la Terre chaque jour. Cette fréquence va les aider à observer tous les changements de l’environnement.

Des esclaves chargés de défricher les palétuviers par des entreprises de pêche dans les Sundarbans, entre l’Inde et le Bangladesh? Il sera maintenant possible de le voir grâce à l’imagerie de Planet. Même chose avec le satellite Sentinel-1 de l’Agence spatiale européenne qui mesure les changements d’altitude à l’aide d’un radar: il pourrait dévoiler un affaissement du sol dû à un tunnel minier dans lequel se trouvent des travailleurs et travailleuses illégalement exploitées.

Plus de 40 millions de personnes seraient esclavagisées dans le monde. Il reste difficile de les identifier. Selon Doreen Boyd, la chercheuse du Rights Lab, un tiers des sites sur lesquels ces personnes sont exploitées seraient visibles depuis l’espace: un premier pas qui doit nécessairement aller de pair avec un travail de terrain.

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