Désolé, mais il va falloir revenir cent fois sur votre ouvrage: la chance n'est pas un facteur déterminant. | Sean Patrick Murphy via Unsplash
Désolé, mais il va falloir revenir cent fois sur votre ouvrage: la chance n'est pas un facteur déterminant. | Sean Patrick Murphy via Unsplash

La science de l'échec est-elle la clé du succès?

Des scientifiques tentent de comprendre comment on échoue pour déterminer les critères qui font réussir.

Qu’est ce qui fait qu’un projet va échouer ou réussir? Le talent? La chance? La persévérance? Un peu de tout cela? Yian Yin, un chercheur de l'université Northwestern dans l’Illinois, s'est posé la question.

Il a donc décidé d’analyser une grande quantité de projets, ayant connu le succès ou non, afin de déterminer des caractéristiques communes aux échecs en se fondant sur trois bases de données, dans les domaines scientifiques, économiques et de la sécurité.

Pour le domaine scientifique, Yin et son équipe ont étudié les 776.721 propositions de recherches soumises à l’Institut national de la santé des États-Unis entre 1985 et 2015. Rentrent dans la catégorie échec les propositions qui n'ont pas reçu de financement.

Pour l’économie, c’est la database de VentureXpert qui a été choisie. Elle liste 58.111 start-ups qui ont trouvé un investisseur. Pour être comptabilisées parmi les entreprises à succès, ces start-ups doivent, dans les cinq ans, avoir été introduites en bourse où s'être fait racheter pour une grosse somme.

Dans le domaine de la sécurité, l’équipe de Yin a utilisé la Global Terrorism Database, qui recense 170.350 attaques terroristes entre 1970 et 2017. Une attaque est considérée réussie si elle a fait au moins une victime.

Apprendre au lieu de s'acharner

Pour comprendre les dynamiques à l'œuvre dans un échec, les scientifiques ont décidé de se concentrer sur le parcours des chercheuses, entrepreneurs et organisations terroristes qui ont multiplié le nombre de tentatives. Persévérance et répétitions correctives participent de l'amélioration d'un projet.

D’emblée, l’équipe a pu exclure la chance des facteurs responsables d'un plantage. Si la chance a son importance dans la réussite, le premier et le dernier échec devraient répondre à la même logique, si l'on ne se référait qu'à ce facteur unique. Or les échecs qui surviennent juste avant la réussite sont significativement «meilleurs» que les premiers.

Cela n'implique pas pour autant que les chances de réussir augmentent avec le nombre de tentatives. En étudiant les données de plus près, les chercheurs et chercheuses se sont rendu compte que la persévérance a son importance mais qu’un autre facteur la supplante: la prise en compte des erreurs passées.

Lorsque des groupes ne tirent pas suffisamment les leçons de leurs expériences précédentes, les suivantes ne sont jamais assez bonnes pour garantir la réussite. À force, ils risquent même de faire baisser la qualité de leurs essais s’ils s’acharnent sans apprendre.

Au contraire, lorsqu’un groupe arrive à rebondir sur ses échecs et qu’il persévère, ses expérimentations s’améliorent à chaque fois et il finit par réussir. Si elles enfoncent des portes ouvertes, ces trouvailles ont toutefois le mérite d'apporter un étayage empirique à des données qui restaient jusqu'ici à l'état de simples intuitions. Et les perspectives d'une telle étude pourraient avoir des retombées on ne peut plus pragmatiques: en affinant ses résultats, Yin estime qu’il sera possible d’identifier en amont si un projet à des chances de réussir (ou non).

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