Evan Spiegel, cofondateur et CEO de Snapchat, lors du Snap Partner Summit en avril 2019. | Neilson Barnard / Getty Images North America / AFP
Evan Spiegel, cofondateur et CEO de Snapchat, lors du Snap Partner Summit en avril 2019. | Neilson Barnard / Getty Images North America / AFP

Snapchat, Facebook et le «Projet Voldemort»

Avec l'aide de Snapchat, les autorités fédérales américaines enquêtent sur d'éventuelles pratiques anticoncurrentielles de Facebook.

Une enquête du Wall Street Journal a révélé que les avocats de Snapchat auraient constitué, au fil des années, un dossier de preuves portant sur des pratiques déloyales de Facebook envers ses concurrents. Son nom de code: «Projet Voldemort».

Les documents indiquent que Facebook empêcherait les inscrit·es sur Instagram de mettre un lien, dans leur bio, vers leur profil Snapchat. La société de Mark Zuckerberg aurait même suggéré à certains influenceurs et influenceuses qu'elles pourraient perdre le badge d'authentification si elles le faisaient quand même.

Menaces et représailles

Snapchat a de quoi en vouloir à «Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom». Facebook a tenté d'acquérir l'application deux fois, en 2013 et en 2016. La première fois, Snapchat a refusé l'offre d'achat de 3 milliards de dollars (2,7 milliards d'euros), puis elle a préféré une entrée en bourse.

L'entreprise de Mark Zuckerberg a alors sorti l'artillerie lourde et dévoilé de nouvelles fonctions pour concurrencer la start-up. Des filtres et des stories: une copie conforme des fonctions qui ont rendu Snapchat si populaire.

«Les grandes entreprises de la tech sont connues pour intimider les start-ups et les pousser à accepter de se faire acheter», expliquait ainsi l'une des sources de The Economist dans une enquête du magazine parue l'année dernière. «Elles les menacent de lancer un service concurrent qui les mettra en faillite si elles refusent le marché.»

Données sensibles

La Commission fédérale du commerce (FTC) ne se serait d'ailleurs pas seulement adressée à Snapchat pour l'aider dans son enquête. Elle serait en train de «rencontrer des dizaines d'actuels ou anciens concurrents de Facebook», selon l'article du Wall Street Journal.

Car, en quinze ans d'existence, Facebook n'a pas acquis par magie ses plus de 2 milliards de membres. La FTC soupçonne la start-up Onavo, acquise en 2013 par le géant bleu pour son service de VPN: cet aspirateur à données aurait permis au réseau social d'analyser le trafic de milliers de comptes personnels à des fins déloyales.

Par exemple, Facebook pouvait voir quand les personnes utilisaient Snapchat, et aurait monitoré leur migration de Snapchat à Instagram lorsque Zuckerberg a lancé les stories. Les données collectées par Onavo auraient aussi contribué à l'acquisition de WhatsApp par Facebook.

La FTC n'est pas la seule à mettre le nez dans les pratiques possiblement déloyales ou illégales de l'entreprise. Qu'il s'agisse aux États-Unis du Congrès, du département de la Justice, de procureurs généraux ou, en Europe, de la Commission européenne, ses pratiques sont mises en cause dans le monde entier.

Ce qui n'empêche pas les revenus de l'entreprise de grimper et Mark Zuckerberg d'inviter le gouvernement à réguler davantage son entreprise.

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