Une double page du livre conçu par Alexandra Sankova et édité par Phaidon. | Phaidon 
Une double page du livre conçu par Alexandra Sankova et édité par Phaidon. | Phaidon 

Entre SF et propagande: la conquête spatiale soviétique en images

Un livre retrace les décennies du magazine Teknika Molodezhi et ses illustrations futuristes qui ont marqué des générations de Russes.

Pendant des décennies, le magazine Teknika Molodezhi (La technologie pour la jeunesse) a nourri l'imaginaire de toute une génération de Russes grâce à ses illustrations futuristes censées représenter la conquête spatiale. Ces dernières font aujourd'hui l'objet d'un livre édité par Phaidon, Soviet Space Graphics: Cosmic Visions from the USSR, qui retrace une grande partie de l'histoire du magazine, en faisant la part belle à ses couvertures les plus emblématiques.

Colonies extraterrestres aux airs rétro-futuristes, vaisseaux sphériques perdus dans des cieux roses et violets, sol lunaire jonché d'obélisques inquiétants, cosmonautes en habits de lumière gravitant à la lueur d'une aube fluorescente, fusées s'échappant de mains humaines, spirales multicolores, spoutnik aux reflets d'argents… Les couvertures de Teknika Molodezhi, bien plus artistiques que scientifiques, témoignent de l'engouement culturel de la société soviétique pour la conquête spatiale.

Tenant bien plus de l'œuvre de science-fiction que de la documentation scientifique, elles donnent une vision fantasmée des premières heures de la conquête de l'espace, témoignant d'une époque où l'art cosmique célébrait cette formidable aventure spatiale dans une esthétique résolument futuriste.

Désir d'avenir

Mais ces illustrations servaient également d'autres desseins, bien plus terre-à-terre: le pouvoir soviétique y a vu le moyen de promouvoir le projet communiste à peu de frais. En 1962, un cosmonaute publie ainsi une lettre ouverte dans le magazine, saluant «le travail de la science qui va conduire l'homme soviétique a être encore plus puissant, faisant advenir un futur radieux, un futur communiste auquel aspire l'humanité entière».

Alexandra Sankova, directrice du musée du Design de Moscou qui a conçu le livre, rappelle que «les réussites de l'URSS en matière spatiale ont été un puissant outil de propagande auquel ont collaboré les artistes, qui à l'époque bénéficiaient souvent d'une formation technique».

Au fil des ans et des avancées soviétiques, les accents futuristes et romantiques ont fini par laisser place à une représentation moins féerique, plus documentaire. Puis, avec le déclin de la conquête spatiale amorcé dans les années 1970, le rêve futuriste a finalement laissé place à des illustrations réalistes et monotones.

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