Un bâton chocolaté de l'espace, tel que modernisé par la Space Food Sticks Preservation Society | Funky Food Shop
Un bâton chocolaté de l'espace, tel que modernisé par la Space Food Sticks Preservation Society | Funky Food Shop

La barre énergétique qui venait de l'espace

Les «Space Food Sticks» qu'emportèrent 
les astronautes américains durant leurs missions spatiales ont préfiguré
 les barres énergétiques d'aujourd’hui.

En 1959, les Forces armées américaines demandent à Pillsbury de développer de la nourriture pour astronautes. L'entreprise agroalimentaire s'attèle alors à la création d'une large gamme de produits dont une «nourriture d'urgence», les Space Food Sticks, à utiliser dans le cas où un événement accidentel contraindrait les astronautes à rester confinés dans leurs combinaisons pressurisées.

Dix ans plus tard, les Space Food Sticks font leur entrée dans les rayons des magasins et sont vendues comme aliment équilibré et riche en nutriments. Très appréciée des Terrien·nes, la barre ne l'est pas moins des astronautes, qui prennent avec eux une version de 20 centimètres lors des missions Apollo 11, 12 et 15. En 1973, elle figure encore au menu de la mission Skylab, dont le programme alimentaire prévoit la prise d'une barre Space Food Sticks tous les trois jours.

L'une des premières barres énergétiques de l'histoire

Associées au prestige des astronautes américains, les Space Food Sticks deviennent un snack populaire aux États-Unis (la boisson Tang connaîtra un sort similaire après avoir été consommée durant les vols spatiaux Gemini). Elle se décline en une variété de saveurs: chocolat, caramel, beurre de cacahuète.

Alors que l'intérêt de la Nasa pour les Space Food Sticks décroit, Pillsbury décide d'ôter le mot «Space» de son nom de marque. Un choix marketing qui s'avère peu judicieux, puisque ces barres cessent d'être commercialisées aux États-Unis dans les années 1980.

Elles continuent d'être vendues en Australie jusqu'en 2014 où elles sont très appréciées de Ian Thorpe, le nageur multimédaillé aux JO. En 2006, Eric Lefcowitz, un aficionado qui tient un blog dédié à l'histoire de la barre énergétique, «The Space Food Sticks Preservation Society», relance sa commercialisation aux États-Unis. Avant le rachat de son fabricant et la fin définitive de sa vente en 2014, on pouvait la trouver dans les magasins souvenirs du Kennedy Space Center, du Smithsonian Air and Space Museum ou encore de Disney World.

Un marché aujourd'hui astronomique

Pour s'assurer que les Sticks et autres créations de Pillsbury étaient sans risque pour les astronautes, les scientifiques développèrent un programme de tests jusqu'alors inédits. Cela conduisit à la création du Système d'analyse des dangers et points critiques (Hazard Analysis Critical Control Point), qui s'assure de la sécurité sanitaire des aliments et débordera vite du cadre de la seule nourriture spatiale.

Depuis Pillsburg et ses Space Food Sticks, la barre énergétique a quitté la combinaison de l'astronaute pour le sac de gym ou la poche du joggeur. C'est un marché estimé à plus de 5 milliards de dollars en 2017 et qui semble avoir encore de très beaux jours devant lui.

Aussi étonnant que cela puisse paraître pour un produit originairement vanté pour ses vertus nutritionnelles, sa composition est néanmoins souvent décriée. Trop de gras, trop de sucre –bref, trop de calories pour des Terrien·nes loin de vivre en apesanteur.

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