Des employées d’une usine Kenyane font la queue pour se faire prendre leur température, à Kitui, le 7 avril 2020. | Luis Tato / AFP

Des employées d’une usine Kenyane font la queue pour se faire prendre leur température, à Kitui, le 7 avril 2020. | Luis Tato / AFP

Scores de santé, bracelets mouchards: la surveillance anti-Covid s'installe

Les autorités profitent de la pandémie pour ancrer les outils de traçage des populations dans le quotidien.

Lorsqu'un État ou une autorité obtient un moyen d'étendre son pouvoir, il y a beaucoup de réticence à y renoncer. Le Patriot act, une loi antiterroriste votée après le 11 septembre 2001, a largement servi à espionner l'ensemble de la population américaine.

En France, l'état d'urgence voté à la suite des attentats de 2015 afin de donner des pouvoirs exceptionnels à l'État et à la police a finalement été inscrit dans le droit commun. Visiblement, la situation sera identique pour le coronavirus.

Afin de lutter contre la propagation du Covid-19, la Chine a adopté un système de code de santé, dans lequel un algorithme définit le risque infectieux de chaque personne et qui lui autorise ou non certains déplacements.

La ville de Hangzhou a d'ores et déjà annoncé qu'elle allait «normaliser» l'utilisation de ce système au-delà de sa mise en œuvre actuelle.

En se fondant sur leur données médicales ainsi que sur leurs modes de vie, un score sur 100 serait ainsi mis en place et pourra servir à évaluer des entreprises, des quartiers ou des communautés qui devront faire leur possible pour l'améliorer.

La décision a provoqué la colère de nombreuses personnes sur le réseau social Weibo, l'équivalent chinois de Twitter.

Bracelets mouchards

Si les mesures chinoises extrêmes focalisent l'attention, cela ne signifie pas pour autant que ce sera le seul pays où les précautions anti-Covid seront sollicitées pour réduire les droits des citoyen·nes.

Le média d'investigation The Intercept rapporte ainsi que certaines entreprises spécialisées dans la surveillance veulent profiter de la pandémie et commencent déjà à vanter, au-délà des mesures prises contre la propagation du Covid-19, les bénéfices de leurs gadgets de distanciation sociale.

C'est le cas d'AiRISTA Flow, qui propose à la vente des bracelets bipant quand deux employé·es se trouvent trop proches l'un·e de l'autre. Mais à l'origine, leurs engins ont été conçus pour la surveillance des mouvements du personnel.

Les bracelets conservent et communiquent donc l'intégralité de l'historique de déplacement des personnes auxquelles ils sont attachés. Dans sa documentation marketing, l'entreprise insiste par exemple sur le fait qu'en utilisant sa technologie, les employeurs peuvent s'attendre à «une réduction du temps des pauses qui ne sont pas prévues».

D'autres, comme la firme israélienne SuperCom, veulent profiter du virus pour promouvoir des technologies policières auprès du grand public. Spécialisée dans la surveillance de personnes détenues et condamnées, elle vente désormais ses bracelets électroniques comme des gadgets adaptés à la quarantaine, donc à la société civile.

«Notre produit n'est pas nécessairement développé pour des criminels. […] Il traque la localisation d'une personne et vérifie si elle suit les règles afin de se protéger elle-même et la société.»

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