Le porte-parole Zabihullah Mujahid lors de la première conférence de presse des talibans à Kaboul le 17 août 2021. | Hoshang Hashimi / AFP
Le porte-parole Zabihullah Mujahid lors de la première conférence de presse des talibans à Kaboul le 17 août 2021. | Hoshang Hashimi / AFP

La propagande bien rodée des talibans sur les réseaux sociaux

Alors que Twitter ne sait comment réagir, ils s'engouffrent dans la brèche.

«Lorsque les premières photos des talibans ayant pénétré à l'intérieur du palais présidentiel à Kaboul ont émergé, il y avait presque autant de combattants armés de caméras et de smartphones que ceux qui brandissaient des armes à feu», ironise l'expert en terrorisme Kabir Taneja.

C'est sur Twitter que le porte-parole Zabiullah Moudjahid a annoncé sa conférence de presse explicitant les intentions du nouveau pouvoir taliban. «Contrairement à d'autres groupes djihadistes [...], les talibans n'opèrent pas dans l'ombre, mais utilisent tous les moyens médiatiques possibles pour faire connaître leur récit au peuple afghan et à un public mondial», décrypte Taneja.

Trois personnalités sont particulièrement actives sur Twitter: Zabiullah Moudjahid, Dr M Naeem, porte-parole du bureau politique de Doha, et Suhail Shaheen, responsable des médias étrangers. Ensemble, ces trois comptes totalisaient plus de 900.000 abonnés sur Twitter le 20 août.

Récemment, plus d'une centaine de comptes liés aux talibans ont éclos sur Facebook et Twitter, d'après un décompte du New York Times. «Des dizaines de comptes pro-talibans, y compris de hauts responsables qui existaient depuis des mois ou des années et étaient en sommeil, sont soudainement redevenus plus actifs», signale le journal.

Twitter ne sait sur quel pied danser

Cela fait des années que les talibans sont présents sur internet, mais alors qu'ils reviennent sur le devant de la scène médiatique, les réseaux sociaux hésitent sur la marche à suivre.

Si Facebook a banni les contenus soutenant le groupe islamiste, Twitter se contente de rappeler que la glorification de la violence est interdite et que les tweets incluant du contenu trompeur peuvent être signalés. Les responsables talibans semblent l'avoir très bien compris, et limitent leur communication à des messages d'apaisement qui ne contreviennent pas au règlement intérieur du site.

«Comment se fait-il que Twitter permette à deux porte-paroles des talibans d'avoir un compte actif mais restreigne les droits du premier amendement de l'ancien président Trump?», s'est ulcéré le conservateur Doug Lamborn. «La situation en Afghanistan évolue rapidement, se défend Twitter sur CNBC. Des Afghans utilisent aussi Twitter pour demander de l'aide.»

La communication à destination des puissances étrangères n'est pas la priorité des talibans. La majorité des tweets de l'organisation sont écrits dans les langues locales, le pachtoun et le dari, observe un universitaire afghan cité par CNet.

Dans un pays où 70% de la population possède un téléphone portable, de nombreux messages de propagande sont aussi diffusés via WhatsApp (qui appartient pourtant à Facebook) ou Telegram, des messageries cryptées dont le contenu peut difficilement être filtré. Les messages y sont nettement moins édulcorés que ceux destinés à rassurer la communauté internationale.

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