Jeff Bezos, lors de sa récente visite en Inde. | Sajjad Hussain / AFP
Jeff Bezos, lors de sa récente visite en Inde. | Sajjad Hussain / AFP

Le téléphone de Jeff Bezos aurait été hacké par le prince héritier d'Arabie saoudite

Ce hacking se serait produit quelques mois avant l'assassinat du journaliste saoudien travaillant pour le Washington Post, Jamal Khashoggi.

L'affaire est vertigineuse. Selon le Guardian, le téléphone de Jeff Bezos, richissime patron d'Amazon, aurait été hacké grâce à un message envoyé sur son compte WhatsApp par le numéro qu'utilise Mohammed ben Salmane, prince héritier d'Arabie saoudite.

Le quotidien britannique cite des sources ayant eu accès aux résultats d'une analyse en profondeur effectuée sur l'appareil de l'Américain. Dans le courant d'une conversation apparemment normale entre les deux interlocuteurs, le piratage aurait été effectué par l'envoi d'une vidéo infectée. L'étendue exacte des dégâts n'est pas précisée, mais le Guardian explique qu'une «grande quantité de données» a été exfiltrée du téléphone de Bezos, au contenu forcément sensible.

Ces révélations ne tombent pas tout à fait du ciel. L'infiltration aurait eu lieu en mai 2018: quelques mois plus tard était assassiné Jamal Khashoggi, journaliste saoudien travaillant pour le Washington Post et critique fameux du régime. Le journal américain est la propriété de Jeff Bezos et a de multiples fois été visé par le royaume pour son traitement supposément biaisé des affaires saoudiennes.

En janvier 2019, des experts commençaient à subodorer une intrusion malicieuse sur le téléphone de Jeff Bezos lorsque le National Enquirer, qualifié par le Guardian de «tabloïd de supermarché», a révélé la relation extraconjugale de Jeff Bezos ayant mené à son divorce avec MacKenzie.

Jusqu'à l'ONU

En mars, le chef de la sécurité personnelle de Bezos, Gavin de Becker, prévenait que les hautes sphères d'Arabie saoudite avaient sans doute eu accès aux données du téléphone du patron d'Amazon, et expliquait en avoir avisé les autorités compétentes.

Qui, jusqu'au sommet du monde, semblent prendre cette affaire potentiellement explosive très au sérieux. Le Guardian explique ainsi qu'Agnès Callamard, responsable pour l'ONU des enquêtes sur les assassinats extrajudiciaires, avait eu accès aux analyses et était en train d'enquêter de son côté, avant éventuellement une approche formelle du gouvernement saoudien. Selon Callamard, il existe des «preuves crédibles» que le meurtre du journaliste du Washington Post soit lié aux plus hauts niveaux de l'État arabe.

Ce dernier nie toute implication directe, citant une barbouzerie à laquelle Mohammed ben Salmane n'aurait en aucun cas été lié. En décembre 2019, huit personnes ont été jugées coupables par un tribunal saoudien pour l'assassinat de Khashoggi, dont cinq seront exécutées –un procès vivement critiqué par les observateurs indépendants.

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