Laem Chabang, le plus grand port du pays (ici en 2012), est inondé de déchets électroniques, malgré leur interdiction. | Pornchai Kittiwongsakul / AFP

Laem Chabang, le plus grand port du pays (ici en 2012), est inondé de déchets électroniques, malgré leur interdiction. | Pornchai Kittiwongsakul / AFP

La Thaïlande débordée par des déchets électroniques occidentaux

En mettant un terme à l'accueil des rebuts du monde entier, la Chine à plongé le marché du recyclage dans le chaos.

Début 2018, les pays occidentaux ont été pris de panique lorsque la Chine a pris la décision de ne plus être «la poubelle du monde» en réduisant fortement ses importations de déchets arrivés de tout autour du globe –alors qu'elle tenait jusqu'alors un rôle primordial pour leur recyclage.

Les exportateurs se sont donc tournés vers d'autres pays, notamment du Sud-Est asiatique. La Thaïlande en particulier rassemble de nombreuses usines de recyclage de déchets électroniques (EEE).

Les métaux qui doivent être extraits de nos smartphones, ordinateurs et télévisions, comme l'or, l'argent ou le cuivre sont particulièrement toxiques. Lorsque l'e-waste n'est pas incinéré à une température suffisamment élevée, des dioxines peuvent causer des cancers, contaminer les terrains agricoles alentours, en infiltrant le sol et l'eau, pour ne citer qu'eux.

Le gouvernement du pays a bien tenté de mettre un terme au recyclage de ce genre de rebuts par leurs usines, mais il semblerait que ses efforts ne portent pas leurs fruits. Pendant l'été 2018, le gouvernement avait annoncé vouloir bannir l'importation de 432 sortes de composants électroniques usagés.

Corruption et gros business

La police thaïlandaise avait alors effectué une série de descentes médiatisées dans une dizaine d'usines accusées d'importer des déchets illégalement. Parmi elles se trouvait New Sky, que le bureau des douanes portuaires assurait en septembre être «totalement fermée». Pourtant, lorsque le New York Times s'est rendu sur place, elle était bel et bien ouverte et fonctionnelle.

Rien que dans la province de Chachoengsao, où se trouve New Sky, quatorze entreprises ont reçu cette année un permis de recyclage électronique, en dépit du fait que de nouveaux déchets ne sont plus censés pouvoir arriver dans le pays.

Les matériaux à recycler sont importés clandestinement en grande quantité, ce qui est permis par la corruption régnant dans le pays. Et, même quand ils sont interceptés, ils peuvent finir dans des usines. Cette année, par exemple, le gouvernement a admis que 2.900 tonnes de déchets saisis ont tout simplements disparus.

Le recyclage représente un business important, et les personnes qui en profitent ne comptent pas lâcher une telle affaire si facilement. Plusieurs militant·es anti-déchets ont subi des intimidations, qui sont allées jusqu'à l'assassinat.

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