L'hommage de Las Vegas à l'un de ses héros. | Bryan Steffy / Getty Images North America / Getty Images via AFP
L'hommage de Las Vegas à l'un de ses héros. | Bryan Steffy / Getty Images North America / Getty Images via AFP

Drogues, alcool et flammes: la spirale mortelle du patron de Zappos

Une fascinante et extrême tragédie américaine.

Peut-être ne connaissez-vous pas Tony Hsieh. Cofondateur en 1999 de la plateforme de vente en ligne de chaussures Zappos, célèbre aux États-Unis et vendue à Amazon pour plus d'un milliard de dollars une décennie plus tard, auteur du best-seller Delivering HappinessA Path to Profits, Passion, and Purpose, l'Américain fut pourtant l'un des entrepreneurs les plus singuliers, chéris et étudiés de l'ère moderne.

Vous n'aurez jamais la chance de le rencontrer: l'homme a été retrouvé mort dans l'incendie d'une maison de New London, dans le Connecticut, le 27 novembre 2020. Les autorités concluent à un accident: comme le raconte le Wall Street Journal, cela faisait pourtant quelques mois que l'homme flirtait avec de menaçantes flammes.

La célébrité de Tony Hsieh ne tenait pas qu'au succès phénoménal de Zappos, qui a révolutionné aux États-Unis le commerce de la chaussure, notamment grâce à un service client sans faille.

Sa personnalité, sa quête de l'union spirituelle entre les êtres, son style de management, sa détestation des hiérarchies rigides et la manière avec laquelle il choyait collaborateurs et collaboratrices, la culture d'entreprise qu'il a offerte à Zappos, la générosité avec laquelle il a essayé d'aider les communautés de sa ville de Las Vegas ont également bâti sa légende.

Tout comme son amour de la fête, qu'il considérait comme une partie intégrante de son style de vie et son mode de gestion. Peut-être au point de dessiner sa tragique, extrême et fascinante chute finale.

Par le feu

Les derniers mois de Tony Hsieh, qui a quitté son poste de CEO de Zappos en août 2020, ont pris les contours d'une infernale spirale. Désociabilisé par la pandémie puis par un déménagement dans l'Utah, l'Américain a plongé sans réserve dans son attirance pour l'alcool. Cet habitué du Burning Man a poussé ses expérimentations avec les drogues, notamment l'ecstasy et les champignons hallucinogènes.

Il s'est entouré d'un groupe de nouveaux camarades, qui fermaient les yeux sur ses comportements et obsessions étranges, en échange de ses habituelles largesses.

Hsieh a cherché à savoir comment son corps réagirait à diverses privations. Il a jeûné avec ardeur, perdant du poids jusqu'à peser 50 kilos. Il a, bizarrement, tenté d'arrêter d'uriner. Il a même souhaité se priver au maximum d'oxygène, tout en inhalant de grandes quantités de protoxyde d'azote.

La vieille fascination de l'Américain pour le feu s'est intensifiée, raconte le Wall Street Journal. Un agent immobilier explique avoir visité son luxueux manoir de Park City, dans l'Utah, et y avoir compté pas moins de 1.000 bougies.

Alors qu'il semblait prendre le chemin d'une cure de désintoxication à Hawaï, c'est peut-être l'une d'elles qui a mis le feu à la maison de ses proches de New London. Selon ses amis présents lors du drame final, il s'enfermait régulièrement dans une cabane attenante à la maison, leur demandant de venir toutes les cinq minutes vérifier s'il était toujours en vie.

C'est dans cet abri, où il s'était barricadé, que la mort a fini par rattraper un homme qui, dans les abysses et après les sommets, la contemplait semble-t-il d'un peu trop près.

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