Un cambriolage de 6.000 tonnes, quand même. | Aron Yigin via Unsplash
Un cambriolage de 6.000 tonnes, quand même. | Aron Yigin via Unsplash

Ils commandent pour 30 millions d'euros de cuivre et reçoivent des cailloux peints

Un gros, un très gros fric-frac.

Crispé, colérique peut-être, hilare si elles n'ont su garder leurs nerfs. Il est assez facile d'imaginer le visage des personnes chargées de réceptionner la cargaison de cuivre commandée par des traders de Mercuria lorsqu'elles ont ouvert les containers et découvert qu'en lieu et place du métal se trouvaient des cailloux grossièrement peints à ses couleurs.

Comme le relate Bloomberg, il n'est pas ici question du maigre larcin de voleurs à la petite semaine mais d'une commande de 6.000 tonnes qui a ainsi été subtilisée à l'entreprise suisse spécialisée dans les matières premières, pour une valeur totale de 36 millions de dollars, soit 30 millions d'euros.

Le tout était réparti dans environ 300 containers, dans lesquels ont été placées des pierres que les chapardeurs ont pris la peine de repeindre d'une couleur cuivrée.

Prévue pour une livraison en Chine, la commande avait été passée par l'entreprise de Genève à un fournisseur turc de cuivre, Bietsan. Le cambriolage n'a bien sûr pas été effectué en une seule fois et en haute mer. Nécessitant un plan solide et de nombreux intervenants, il a été réalisé dans le port de départ d'Ambarli, en Turquie.

Vraiment pas de chance

L'avocat de Mercuria indique ainsi que les voleurs, à plusieurs reprises, se sont introduits de nuit dans le terminal portuaire pour échanger le cuivre en vrac et les cailloux peints, puis placer sur les containers les sceaux supposés garantir la sécurité de leur chargement.

Une fois l'intégralité de la commande en mer, répartie sur huit cargos, Mercuria a procédé au paiement des 36 millions de dollars. Ce n'est qu'à la réception de la cargaison en Chine que la supercherie a été découverte et qu'une plainte a été déposée.

Les autorités turques ne sont pas restées inactives: treize personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'enquête qui s'en est suivie. Quant à Mercuria, elle a fait ce que l'on fait dans ces cas-là: elle a demandé à son fournisseur, Bietsan, de faire appel à ses assurances pour couvrir le coût du méfait.

Pas de chance, décidément: Mercuria s'est alors rendu compte que sur les sept compagnies d'assurances déclarées par Bietsan, une seule était réelle, les six autres relevant du faux. La procédure judiciaire est toujours en cours pour démêler jusqu'au dernier nœud cet écheveau intercontinental.

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