L'engagement à tout prix, notamment celui de notre santé mentale, connaît peut-être ses derniers jours. | Prateek Katyal via Unsplash
L'engagement à tout prix, notamment celui de notre santé mentale, connaît peut-être ses derniers jours. | Prateek Katyal via Unsplash

Menacés, les réseaux sociaux se penchent sur notre santé mentale

Instagram et Twitter comptent changer les recettes qui les ont rendus indispensables.

Les réseaux sociaux seraient nocifs pour la santé mentale, flirteraient avec les mécanismes de l'addiction, joueraient avec nos neurotransmetteurs, nous laissant dans l'attente anxieuse d'un nouveau shoot de dopamine ou de l'excitation trouble d'un outrage partagé. À l'initiative des principaux intéressés, cela pourrait changer: Instagram (propriété de Facebook) et Twitter réfléchissent à bouleverser les recettes qui ont fait leur succès et leur fortune.

Pourquoi mettre ainsi à mal un business model si bien rodé? Certain·es scientifiques estiment que les réseaux sociaux et leurs mécanismes ne nuisent pas à la santé mentale, d'autres au contraire arrivent à des conclusions tout à fait inverses.

Business model et danger existentiel

Il n'est pas impossible de penser que les recherches que mènent nécessairement en interne ces entreprises pointent les effets négatifs que peuvent avoir sur les individus les systèmes qu'elles ont développés.

Au point de mettre en jeu leur responsabilité, non seulement éthique et politique –l'humeur est à la déconstruction de la big tech– mais peut-être aussi juridique. Si les situations ne sont bien sûr pas comparables, l'ouragan qu'essuie Juul pour son rôle actif dans l'addiction à la nicotine de hordes d'adolescent·es américain·es est un indicateur des dangers existentiels qui planent au-dessus de firmes que l'on pensait toutes-puissantes.

Les likes sur Instagram sont un plaisir dont le cerveau ne peut plus se passer? Instagram songe à les cacher. Après de premières expérimentations en Australie, au Brésil, en Italie ou au Japon notamment, c'est aux États-Unis que Facebook a décidé de s'attaquer aux petits cœurs de sa plateforme photo.

Twitter se lance également dans d'importants chantiers de rénovation. L'aisance du retweet mal informé ou de l'agression verbale font, pour beaucoup, le sel du site de microblogging. Mais ce sont aussi deux plaies du débat public moderne: comme le rapporte Buzzfeed, elles sont dans le collimateur.

L'entreprise cherche ainsi à «changer la discussion» (comprendre l'assainir) en menant quelques discrètes expérimentations sur le cœur même de son fonctionnement. L'objectif à terme est de motiver subtilement les utilisateurs et utilisatrices à se servir de la plateforme de manière «non-destructive», plus réfléchie et plus calme.

L'un de ces tests consiste en la proposition systématique d'un emoji lors d'une réponse à un tweet. Si l'emoji choisi est négatif, Twitter demande alors la raison du désaccord –une manière de ralentir la réflexion et d'éviter les attaques irréfléchies.

De son côté, YouTube teste des mesures permettant d'amoindrir l'importance perçue du nombre d'abonné·es à une chaîne et a mis à jour son règlement pour s'octroyer des pouvoirs de censure accrus. Comme les autres, la plateforme sent l'orage venir: la crainte de sanctions et l'impératif d'autorégulation qu'elle implique sont sans doute d'excellentes nouvelles.

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