Une fois n'est pas coutume, les organisations de défense des droits en ligne sont d'accord avec la multinationale. | Jack Finningan via Unsplash
Une fois n'est pas coutume, les organisations de défense des droits en ligne sont d'accord avec la multinationale. | Jack Finningan via Unsplash

Uber va attaquer Los Angeles en justice

La ville réclame un suivi en temps réel des véhicules Jump, sans quoi l'entreprise ne pourra plus opérer sur son territoire.

Rien ne va décidément plus entre Uber et la Californie. Après avoir voté une loi très défavorable à l'entreprise pour réguler les applications de VTC, c'est désormais sa ville la plus importante en nombre d'habitant·es, Los Angeles, qui est en guerre ouverte contre ses trottinettes en libre service.

Cette fois-ci, le conflit porte sur les données de localisation des vélos et trottinettes électriques Jump, une marque possédée par Uber. La municipalité, via son département des transport (LADOT) réclame un accès aux données de localisation en temps réel des véhicules, ainsi qu'à l'historique des trajets.

Pour des raisons de protection des données privées, Uber refuse d'accorder ce pouvoir au LADOT. La ville a donc prévenu que si Uber n'obtempérait pas dans les temps, «leur permis sera suspendu, et éventuellement révoqué».

Informations sensibles

La ville explique vouloir vérifier si le nombre maximum de véhicules en circulation est bien respecté, et si les résident·es à bas revenus ont un accès égal au service par rapport aux autres. Comme une enquête de korii. l'a montré, les quartiers les plus défavorisés ont en effet tendance à être exclus de certains services de trottinettes électriques.

Uber a donc déclaré qu'«étant donné qu'il semble que tous les moyens de trouver un compromis soient épuisés, une plainte va être déposée, ainsi que la demande d'une ordonnance restrictive à la Cour suprême de Los Angeles, afin qu'un juge entende [leur] inquiétude et empêche LADOT de suspendre [leur] permis».

C'est assez rare, une organisation de défense des droits en ligne, l'Electronic Frontier Foundation s'est rangée du côté d'Uber. Pour elle, LADOT ne donne pas assez de garanties sur la manière dont elle utilisera les données en question.

Elle lui reproche aussi de refuser de reconnaître que ces informations sont sensibles, et qu'il est relativement aisé d'identifier une personne à partir de ces données, quand bien même elles seraient anonymisées (notamment à cause des trajets récurrents).

Rappelons tout de même qu'Uber a déjà à plusieurs reprises dissimulé illégalement ses activités aux autorités locales afin de contourner les règles en place et de maintenir son business alors qu'elle n'en avait pas le droit. Ce qui motive peut-être, en partie, l'intransigeance de LADOT.

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