À Marioupol le 12 avril 2022, ville désormais entre les mains russes. | Alexander Nemenov / AFP
À Marioupol le 12 avril 2022, ville désormais entre les mains russes. | Alexander Nemenov / AFP

Les «pertes dévastatrices» en officiers rendent l'armée russe de plus en plus nulle

Grignoter le Donbass coûte très cher à Moscou.

Depuis le début du conflit, le ministère de la Défense britannique (Ministry of Defence, MoD) est, des institutions occidentales, l'une de celles qui offrent le plus régulièrement et le plus précisément une plongée dans les affres et succès des armées russes en Ukraine.

Selon le MoD, si les occupants russes semblent inexorablement gagner du terrain dans le Donbass, notamment en ayant semble-t-il réussi à prendre la ville de Sievierodonetsk, le coût de telles avancées est énorme –et pourrait avoir des répercussions de longue durée.

En plus de pertes matérielles colossales et selon les chiffres du renseignement français, la Russie aurait ainsi perdu près de 28.000 soldats depuis le premier jour de la guerre. Un chiffre plus élevé que celui avancé par les Américains ou les Britanniques, mais assez proche des estimations de Kiev.

Problème: les armées russes ne perdent pas que des troufions. Outre ses généraux, qui ont la fâcheuse et rare tendance de tomber au combat, c'est l'ensemble de ses officiers plus jeunes et moins gradés qui subissent, selon un récent point du MoD à Londres, des «pertes dévastatrices».

«Les chefs de brigade et de bataillons semblent se déployer au plus près de la ligne de front, car ils sont tenus par un niveau intransigeant de responsabilité pour les résultats de leurs unités», est-il ainsi écrit.

Le temps long

«De la même manière, les officiers peu expérimentés doivent mener des actions au niveau tactique le plus bas, parce que l'armée russe manque de sous-officiers hautement entraînés qui prennent ces décisions dans les forces occidentales.»

Parce que la formation de ces jeunes officiers prend du temps, c'est toute la machine de guerre russe qui devrait souffrir de ces pertes. Et ce sur un temps long, possiblement plus long encore que celui d'une guerre en Ukraine dont ces pertes compliquent encore un peu plus l'éventuel succès.

«La perte d'une proportion importante de cette jeune génération d'officiers professionnels va sans doute exacerber les problèmes actuels de modernisation de son commandement», conclut le communiqué.

À tout ceci s'ajoute un moral des troupes semble-t-il au plus bas, et ce depuis le début de l'invasion de l'Ukraine. Bien qu'il s'agisse sans doute d'une manière d'ajouter du sel dans les plaies, le commandement ukrainien fait ainsi part de velléités de plus en plus claires de mutinerie dans les rangs russes, allant jusqu'à affirmer que certains soldats ont parlé, lors d'une communication interceptée, d'abattre leurs généraux désormais haïs.

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