A priori, ce monsieur est trop vieux. Pour la prochaine vague, peut-être? | Yuri Kadobnov / AFP
A priori, ce monsieur est trop vieux. Pour la prochaine vague, peut-être? | Yuri Kadobnov / AFP

Pour combler ses pertes, l'armée russe fait appel à ses retraités jusqu'à 60 ans et plus

De la (vieille) chair à canon.

15.000 morts selon les analystes de l'OTAN, plus de 19.000 selon les armées ukrainiennes. Même le Kremlin, très taiseux depuis le début du conflit sur les pertes subies par ses troupes, a fini par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov par parler de «pertes militaires importantes» et d'«immense tragédie».

Si les décès sont les cas les plus extrêmes, il faut bien sûr également compter les soldats blessés et hors de combat, qui forment eux aussi une légion pas beaucoup plus fringante –au total et selon l'Occident, ce pourraient être 40.000 soldats que la Russie a perdus, définitivement ou non.

La Russie, en cours de redéploiement vers l'est pour une probable grande offensive sur le Donbass que dirigera l'ex de Syrie et réputé brutal Alexandre Dvornikov, cherche donc une parade pour reconstituer quelque peu ses rangs.

Alors qu'il a jusqu'ici hésité à faire appel aux centaines de milliers de réservistes que compte le pays, notamment pour éviter qu'ils ne le fuient et n'aggravent l'existentielle crise démographique qui y couve, le Kremlin a trouvé quelques solutions. La première a été de changer d'avis, contraint par le cours des choses: 60.000 réservistes auraient ainsi finalement été rappelés sous les drapeaux, malgré les promesses initiales.

La seconde a été de tenter de faire venir des combattants de l'extérieur –des alliés ou des mercenaires ou les deux. Les premiers à s'engager dans le combat ont été les «Kadyrovtsy», troupes à la réputation brutale de Ramzan Kadyrov, patron suprême de la Tchétchénie.

On trouve également des Syriens (ils seraient 16.000 à s'être enrôlés), des soldats libyens ou géorgiens, des soldats jusqu'ici postés dans la Transnistrie contestée, ou un millier de membres de la milice privée Wagner de sinistre réputation, venus prêter main-forte dans l'est du pays.

Le vieux fusil

Beaucoup plus surprenante est l'idée de faire appel, pour laisser ses jeunes tranquilles mais trouver quelques milliers de supplétifs aux soldats morts ou mis hors de combat, aux jeunes retraités de l'armée russe.

Selon le ministère britannique de la Défense, «en réponse à des pertes élevées, l'armée russe cherche à renforcer le nombre de ses troupes avec du personnel retiré du service en 2012». Le site 19FortyFive explique que les lois du pays font que le Kremlin pourrait ainsi en théorie mettre sous les drapeaux des hommes de 60 ans, voire plus.

De son côté, le Daily Mail note que les propos du ministère britannique correspondent à des informations croisées dans les médias russes. Celles-ci rapportent que, dans les villes sibériennes de Tcheliabinsk et de Tioumen, les armées russes ont sonné le rappel pour tous les réservistes, mêmes âgés, encore en âge de se battre.

De se battre ou, du moins, de tenir l'arrière de la maison branlante que semble être l'armée russe: ces vieux conscrits rappelés pour la guerre ne seraient pas utilisés au combat stricto sensu, mais plutôt pour tenter de combler les graves manquements constatés dans la logistique des troupes de Vladimir Poutine.

Reuters rapportait il y a quelques jours à quel point les appelés du Donbass séparatistes pro-russes étaient mal équipés et traités sans aucun égard, devant faire avec des fusils Mosin de plus d'un siècle d'âge, boire de l'eau croupie par manque de logistique ou jouer aux cibles mouvantes pour les troupes russes.

Alors que partout, la logistique, le commandement et le matériel russes défaillent, on peut légitimement douter que les conditions réservées à cette vieille chair à canon rappelée par le Kremlin soient dignes d'une armée moderne. Mais le nombre fait parfois la différence, et il pourrait être décisif pour les batailles peut-être massives à venir.

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