Dans les tranchées, prier pour ne pas être pris. | manhai via Flickr
Dans les tranchées, prier pour ne pas être pris. | manhai via Flickr

Rusich, la milice néonazie du Kremlin qui incite à la torture des soldats ukrainiens

Un mode d'emploi de l'horreur.

C'est une bien étrange «dénazification» de l'Ukraine à laquelle Vladimir Poutine aspire publiquement depuis le début de l'invasion de son voisin. Cette dite lutte contre le fascisme s'appuie sur les mercenaires du Groupe Wagner, dont les liens avec le néonazisme sont de notoriété publique, mais aussi sur la «Task Force Rusich», une milice à la nostalgie du IIIe Reich plus transparente encore.

Fondée par Alexey Milchakov, déjà croisée aux côtés de Wagner lors de la guerre du Donbass et l'annexion de la Crimée en 2014, ou encore en Syrie où ses exactions ont été aussi nombreuses qu'indélébiles, Rusich semble également très active en Ukraine depuis l'invasion russe fin février 2022.

Au mépris évident de toute loi de la guerre, et comme l'expliquent le Guardian et le Times, Rusich appellerait ainsi les forces russes à torturer les soldats ukrainiens capturés, voire à les exécuter sur place, sans autre forme de procès.

Publié le 22 septembre, un texte sur le compte Telegram du groupe Rusich décrit en détails, d'une cruauté inouïe, ce que les combattants russes qui suivraient ses règles pourraient faire en cas de capture d'un soldat ukrainien.

Il est question de ne pas informer sa hiérarchie, afin de ne pas être gêné dans la commission d'atrocités. Qui sont elles aussi listées: doigts ou oreilles sectionnés, coups au visage ou aiguilles glissées sous les ongles sont envisagés pour faire parler les prisonniers.

Systématique

Et ensuite? «Après interrogation du soldat, abattez ou massacrez-le», est-il écrit, noir sur blanc, avec quelques instructions supplémentaires pour masquer la nature du crime et le déguiser en blessure de guerre. Il est aussi proposé d'enterrer les morts, après leur torture, et de «vendre» les coordonnées de leurs dépouilles à leurs familles.

«Malgré les discours de Poutine, les actions de Rusich lors du conflit démontrent l'importance des atrocités commises au nom du Kremlin par des groupes néonazis», explique au Guardian Adam Hadley, de Tech Against Terrorism.

Parmi tous les crimes de guerre commis par les troupes russes, officielles ou issues de ces milices infernales, la torture semble être une pratique des plus communes. La reprise d'Izioum, il y a quelques jours, a ainsi révélé l'existence d'une dizaine de salles réservées à la pratique, attestée par l'état de certains des corps –dont ceux de civils– retrouvés dans les environs de la ville.

Les témoignages en ce sens abondent également depuis des mois, plus récemment de la part de citoyens américains engagés aux côtés des forces ukrainiennes et qui expliquent avoir «prié pour leur mort» lors d'une captivité des plus éprouvantes avant d'être libérés, ou de Mikhailo Dianov, fameux résistant de l'usine Azovstal à Marioupol, dont le récit n'est pas moins glaçant.

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