«Boum!», puis LOL: c'est l'une des étrangetés de la guerre moderne. | Capture d'écran BBC News via YouTube
«Boum!», puis LOL: c'est l'une des étrangetés de la guerre moderne. | Capture d'écran BBC News via YouTube

Attaque du pont de Crimée: une pluie de blagues et une humiliation pour Poutine

Le joyau du maître du Kremlin, démoli par les mèmes.

Samedi 8 octobre au petit matin, quelques minutes après 6h, boum!: une vaste explosion frappe le pont de Crimée, dispendieux trait d'union entre la péninsule annexée en 2014 et la Russie, symbole de la puissance tsarine de Vladimir Poutine et considéré, lors de son ouverture à la circulation en 2018, comme le plus long d'Europe.

Le coup –dont on ignore les auteurs, bien que tout pointe logiquement vers l'Ukraine–, qui pourrait avoir été réalisé par un engin explosif placé dans un camion, est majeur. Son onde de choc se fait sentir jusqu'au Kremlin, où les luttes intestines ont commencé à déborder et qui organise ce lundi 10 octobre une réunion en urgence de son conseil de sécurité.

Pour l'Ukraine, alors que le trafic a (petitement) recommencé sur le pont, et bien que la vengeance de Moscou puisse être terrible –comme elle l'a déjà été à Zaporijia où un bombardement a fait au moins dix-sept morts civils–, la victoire est d'abord militaire.

En faisant sauter une partie de cet édifice de 19 kilomètres enjambant le détroit de Kertch, c'est en effet toute la logistique des forces armées russes dans le sud de l'Ukraine qui se trouve perturbée, alors qu'elles luttent pour ne pas perdre la ville de Kherson.

NAFO, au rapport!

Le coup est aussi très fort sur le plan symbolique. Présenté par Moscou comme hyper sécurisé et ultra-protégé (y compris par des dauphins de combat), le pont de Crimée est un joyau pour la couronne de Vladimir Poutine. Réussite technique à 4 milliards de dollars, il avait été inauguré (et emprunté) en 2018 et en très grande pompe par le président russe –ainsi que par Mostik, sa mascotte féline.

Sa destruction partielle est, de plus, intervenue quelques semaines seulement après les célébrations bruyantes, à Moscou, de l'annexion officielle des régions ukrainiennes de Lougansk, Donetsk, Kherson et Zaporijia.

L'attaque a aussi, et peut-être surtout, eu lieu au lendemain des 70 ans de Vladimir Poutine. Un cadeau d'anniversaire des plus amers, n'ont pas manqué de noter les officiels ukrainiens et les membres de la NAFO, armée de l'ombre composée d'internautes pro-Kiev, qui combat sur le terrain de l'humour ou du moins du trolling.

Après l'annonce, presque instantanée, par la poste ukrainienne de la création d'un timbre spécial commémorant l'événement, les mèmes autour du pont de Crimée et de l'explosion se sont ainsi mis à pleuvoir.

Car si rien de ce qui peut être publié sur les réseaux n'empêche les horreurs réelles de la guerre, l'image publique, les mèmes et les blagues sont également devenus un champ de bataille capital dans la perception du conflit et permettent d'attirer et de conserver l'attention des esprits occidentaux. Le ridicule, finalement, tue peut-être un peu.

Voici une petite sélection des réactions croisées sur les réseaux sociaux après l'attaque.

En ce moment

⚛️ Le grand bond en avant de la fusion 💣 L'Ukraine loin derrière les lignes russes 🐕 Des chiens errants kamikazes, une journée sur korii.

Et Cætera

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