Un chef et ses victimes. | Alexander Zemlianichenko / Pool / AFP
Un chef et ses victimes. | Alexander Zemlianichenko / Pool / AFP

Le Pentagone révèle ses chiffres: les pertes russes en Ukraine sont colossales

Ça ne s'arrêtera pas là: les États-Unis ont annoncé une nouvelle aide massive à l'Ukraine.

Le 8 août, nous relations une supposée offre de services, ou plutôt de chair à canon, que la Corée du Nord aurait faite à Moscou, proposant d'envoyer 100.000 «volontaires» se battre pour la Russie en Ukraine.

À voir les derniers chiffres donnés par le Pentagone, relayés par Business Insider, on comprend mieux pourquoi les alliés de Vladimir Poutine proposent une telle aide militaire à une armée supposée la deuxième plus puissante au monde: ses pertes, depuis le premier jour de l'invasion de l'Ukraine, sont colossales.

Selon l'institution américaine, entre 70.000 et 80.000 soldats russes auraient été blessés ou auraient perdu la vie dans l'«opération spéciale» –une guerre d'invasion– lancée par Moscou fin février.

Un chiffre «plutôt remarquable lorsque l'on pense que Vladimir Poutine n'a réalisé aucun des objectifs qu'il s'était fixés au début de la guerre», a commenté le sous-secrétaire américain à la Défense, Colin Kahl, lors d'une conférence de presse.

En juillet, le patron de la CIA William Burns donnait une estimation de 15.000 soldats russes tués au combat pour 45.000 blessés en moins de six mois. Les troufions ne sont pas les seuls à tomber: selon le ministère britannique de la Défense, Moscou aurait perdu dix généraux depuis le début de l'invasion, six autres ayant été semble-t-il virés et remplacés.

Comparaisons ne sont que rarement raison, mais elles peuvent donner un ordre d'idée: les pertes américaines au Vietnam ont été de 58.281 morts et un peu plus de 300.000 blessés, lors d'un conflit ayant couru sur près de 15 ans, tandis que 15.000 soviétiques ont perdu la vie et plus de 53.000 un bout de leur santé lors de l'invasion de l'Afghanistan.

Hémorragie

Cette hémorragie peut-elle continuer encore longtemps pour la Russie, qui avait massé 150.000 hommes aux frontières ukrainiennes avant une invasion dont elle pensait qu'elle ne durerait que quelques jours? «Cela repose beaucoup sur les décisions politiques que Vladimir Poutine va finalement prendre sur l'engagement de nouvelles troupes au front ou le lancement d'une mobilisation générale», répond Colin Kahl.

On sait que Moscou peine à trouver de la chair fraîche pour aller se battre en Ukraine, ayant lancé ce que le New York Times nomme une «mobilisation invisible», recrutant des volontaires sans aucune expérience, pour certains sortis de prison, ou attirés par les juteux bonus et promesses mirobolantes qu'offre Moscou à la signature.

Les pertes matérielles sont au même niveau, ahurissant. Toujours selon le Pentagone, qui fait un décompte logiquement bien plus conservateur que son homologue ukrainien, Moscou aurait perdu dans sa bataille entre 3.000 et 4.000 véhicules blindés.

C'est énorme et, s'il lui reste bien sûr des réserves matérielles importantes, la grande dépendance du complexe militaro-industriel aux composants électroniques occidentaux complique le réapprovisionnement en armes modernes et efficaces.

La Russie ne fait désormais que de petites avancées incrémentales dans l'est de l'Ukraine, explique Colin Kahl. Elle s'expose en outre à une contre-attaque dans le sud du pays, ragaillardie notamment par l'emploi des Himars, lance-missiles à longue portée et de précision fournis par les États-Unis et leurs alliés.

Et la tendance pourrait continuer: Joe Biden a signé le plus gros chèque pour l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe, avec une nouvelle rallonge de 1 milliard de dollars offerte à Kiev en aides militaires aussi diverses que létales.

Les États-Unis devraient ainsi continuer à abreuver l'Ukraine de munitions pour les redoutables canons et lance-missiles à longue portée Himars qu'elle lui a fournis. Des véhicules médicaux blindés devraient également être fournis en nombre à Kiev.

L'Ukraine devrait en outre mettre la main sur des missiles antiradars AGM-88 dont elle semble désormais faire usage sur le terrain, et qui peuvent l'aider à empêcher la Russie de prendre le dessus dans les airs, un élément crucial pour la suite des opérations. Qui, si rien ne change, pourraient continuer à coûter cher en hommes aux armées russes –comme aux milliers de familles éplorées que ces morts laissent derrière eux.

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