La Pipeline Nord Stream 1 à Lubmin, Allemagne, lors de son inauguration en 2011. | John Macdougall / AFP
La Pipeline Nord Stream 1 à Lubmin, Allemagne, lors de son inauguration en 2011. | John Macdougall / AFP

Comment l'Union européenne peut-elle se passer des énergies russes?

Un plan très ambitieux, mais polluant à court terme.

En réponse à l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe, l'Union européenne et une partie des pays occidentaux ont décidé d'étouffer l'économie russe. Mais si imposer des sanctions aux banques ou faire fermer des McDonald's ne pose pas de problème insurmontable, l'Europe dépend fortement de ce qui constitue l'une des plus grosses sources de revenus de la Fédération de Russie: les énergies fossiles.

La solution idéale pour réduire la dépendance au pétrole, au gaz et au charbon russe serait d'accélérer le recours aux énergies renouvelables. Seulement, si Ursula von der Leyen a affirmé que l'Union compte bien mettre les bouchées doubles pour devenir plus verte, cette option est une solution à moyen et long terme, qui ne va pas pouvoir immédiatement mettre la pression sur Vladimir Poutine.

Pour se donner les moyens de ses ambitions, l'UE doit donc trouver des alternatives. Et celles-ci ne bénéficieront pas forcément à l'écologie. D'après Frans Timmermans, qui supervise le Pacte vert de l'Europe, «il n'y a pas de tabou sur les choix que les membres peuvent effectuer».

Le charbon est la partie la plus simple de l'équation. L'association des entreprises de charbon Euracoal estime que les États-Unis et l'Australie peuvent dès maintenant fournir 70% de la quantité de charbon importée de Russie. Selon l'Agence internationale de l'Énergie (AIE), exploiter à fond les centrales à charbon et retarder certaines de leurs fermetures permettrait de réduire de 15% les achats de gaz russe.

La guerre, ce n'est pas vert

Pour ce qui est du pétrole, l'Europe peut essayer de se tourner vers d'autres exportateurs. Après avoir refusé augmenter leur volume de production actuel, les pays de l'OPEP sont désormais divisés sur le sujet. À ce stade, difficile donc de prévoir comment va évoluer le prix du baril, mais si les prix continuent d'augmenter, les pays membres devront dépenser des dizaines de milliards d'euros de plus qu'en 2021 pour en acheter la même quantité.

Enfin, la majeure partie du problème est le gaz naturel. L'UE importe 90% du gaz qu'elle consomme, et 45% de ces imports proviennent de Russie. L'Allemagne, et dans une moindre mesure l'Italie, sont extrêmement dépendantes de ce gaz.

Pour couper un tiers de ces importations, comme l'Europe a annoncé souhaiter le faire en douze mois seulement, l'AIE estime qu'il faudra importer plus de gaz depuis la Norvège, l'Algérie et l'Azerbaïdjan –une démarche plutôt hypocrite, le pays ayant annexé une région de l'Arménie il y a moins de deux ans.

Cela nécessitera aussi une révision des infrastructures européennes, trop promptes aux fuites de méthane, ainsi qu'une incitation aux Européens, déjà pris à la gorge par des prix record, à ajuster leurs thermostats.

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