Vue du Salto El Sapo, situé dans le parc national de Canaima. Un prochain paradis pour les ami·es de Maduro? | Federico Parra / AFP
Vue du Salto El Sapo, situé dans le parc national de Canaima. Un prochain paradis pour les ami·es de Maduro? | Federico Parra / AFP

Au Venezuela, l'élite dirigeante bâtit son paradis dans des parcs protégés

Des sites naturels exceptionnels sont ravagés pour le plaisir touristique des seuls caciques du régime.

Dans un passé proche, les riches soutiens du président vénézuelien Maduro étaient friands d'investissements immobiliers étrangers: villas à Miami, châteaux en Espagne... Visés par des enquêtes et des sanctions américaines, ils font plus que jamais construire chez eux, et au milieu de zones protégées.

À Galipán, dans le parc national Avila, des maison trois fois plus grandes que les 150 mètres carrés autorisés par la loi sortent de terre. Un casino et un téléphérique sont aussi en construction. Maduro assure qu'il s'agit de développer le tourisme.

Seulement, depuis l'effondrement économique du pays il y a sept ans, le Venezuela accueille moins de monde en visite depuis l'étranger qu'Haïti. L'écrasante majorité des Venézuelien·nes n'a plus les moyens de faire du tourisme intérieur.

Pour certain·es des 4.000 résident·es de Galipán, qui vivent surtout de la paysannerie, il est clair que les donneurs d'ordres sont des «enchufados», des individus qui se sont enrichis grâce à leurs liens avec le pouvoir. Les camions de chantier sont souvent escortés par la Garde nationale vénézuélienne ou la tristement célèbre Force d'action spéciale.

Marlene Sifontes, du principal syndicat de gardien·nes de parcs, confirme cette intuition. «Ces gens ne peuvent pas quitter le Venezuela, alors ils essaient de créer leur propre paradis», analyse-t-elle.

Un complexe touristique (et militaire)

Les quarante-trois parcs nationaux du Venezuela sont en plein boom immobilier. L'an dernier, le ministère du Tourisme a lancé un appel à projet en vue de bâtir des lodges pour touristes à Los Roques. Sur cet archipel prisé des caciques du pouvoir pour leurs fiestas, les nouvelles constructions sont normalement interdites.

Un gouverneur pro-Maduro veut construire des attractions touristiques sur une petite île du parc national San Esteban, une zone où seul·es les scientifiques travaillant sur les tortues sont autorisé·es à se rendre.

Sur une autre île du parc national San Esteban, c'est carrément un complexe touristique réservé aux militaires qui aurait été bâti. L'écosystème de cette région est notoirement fragile.

Le combat environnemental devient désormais un cri de ralliement pour l'opposition, qui accuse aussi le pouvoir d'avoir ouvert des zones protégées à l'exploitation de métaux précieux. Une plainte a été déposée par le syndicat des gardiens de parc, mais n'a pas abouti.

Les ministères du Tourisme, de l'Environnement, de l'Information, l'Institut des parcs nationaux ainsi que l'armée n'ont pas répondu aux questions du Wall Street Journal.

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