Temps de lecture: 2 minutes - Repéré sur Science News Explores
On le savait déjà, les séjours dans l'espace ne sont pas sans conséquences sur les astronautes. Physiologiquement, les vols en orbite, l'apesanteur ou encore les radiations peuvent avoir des effets néfastes sur la santé. Un projet nommé «Space Omics and Medical Atlas», ou SOMA, a été créé pour se pencher spécifiquement sur le sujet et ses résultats sont formels: pas besoin de partir des mois loin de le Terre pour chambouler votre petit corps de terrien.
L'un des problèmes les plus connus est la perte de densité osseuse (1 à 2% par mois passé dans l'espace!). Mais d'autres tout aussi handicapants ont été constatés, comme l'altération de la vision et la fragilisation de certains tissus cérébraux, détaille un article du média en ligne Science News Explores. Le projet SOMA a pour objectif d'observer de plus près, au niveau moléculaire, ces modifications.
Les chercheurs se sont basés pour cela sur des données issues de courts séjours en orbite (les missions Axiom Space et Inspiration4 lancées par SpaceX), ainsi que de certaines missions de la NASA américaine et de l'Agence d'exploration aérospatiale japonaise (JAXA). En résulte une série de trente articles publiés depuis le mois de juin dans la revue scientifique Nature.
Le suivi médical en question
Quand être astronaute est votre métier à plein temps, vous pouvez compter sur une équipe entière dédiée à votre santé. Analyses, tests, traitements: les agences spatiales gouvernementales sont sur le coup. Mais est-ce aussi vrai pour les vols spatiaux privés et commerciaux? Qui se soucie de la santé de ce nouveau type de voyageurs que sont les touristes de l'espace?
Les données recueillies par le projet SOMA prouvent que des altérations génétiques ont lieu après seulement quelques jours passés dans l'espace. On note notamment un allongement des télomères, ces courts segments d'acides nucléiques situés aux extrémités de notre ADN pour le protéger. «Même s'ils n'ont été là-haut que trois jours, nous avons en fait pu observer un effet assez dramatique», note Eliah Overbey, chercheuse à l'université d'Austin (Texas), à propos de l'équipage d'Inspiration4. De retour sur Terre, les télomères retrouvent une taille normale.
C'est d'ailleurs le cas de nombreux autres changements moléculaires, qui s'atténuent puis s'annulent une fois les sujets redescendus sur la terre ferme. Cependant, ces modifications génétiques ne sont pas anodines. Certains cancers «protègent la longueur des télomères ou provoquent un allongement des télomères, explique Eliah Overbey. C'est en partie pourquoi [ils] sont compliqués. Ils se divisent, se divisent, se divisent, mais leurs télomères ne raccourcissent pas.» Une chance donc que les effets s'effacent sitôt la navette revenue à bon port.
Le flou concernant la préparation physique et le suivi médical des touristes spatiaux pourrait malgré tout poser problème. «Pour gravir le mont Everest, vous devrez fournir un certificat médical, relève Dana Tulodziecki, professeure en philosophie des sciences à l'université Purdue à West Lafayette (Indiana). C'est plus que ce que vous devez officiellement faire pour aller dans l'espace actuellement.»