À l'heure actuelle, Uber n'est pas capable de s'assurer que la personne derrière le volant est bien la bonne. | Dan Gold via Unsplash
À l'heure actuelle, Uber n'est pas capable de s'assurer que la personne derrière le volant est bien la bonne. | Dan Gold via Unsplash

Le «sale petit secret» d'Uber

L'utilisation de comptes par des personnes non autorisées est un casse-tête que l'entreprise peine à résoudre.

La perte par Uber, le 25 novembre, de sa licence pour opérer à Londres lève le voile sur une pratique qui donne des migraines à l'entreprise: le partage de comptes par des conducteurs et conductrices.

À cause de ce qu'elle appelle une «série de défaillances», l'agence Transport for London (TfL) estime qu'en quelques mois, 14.000 courses Uber ont été effectuées par des personnes non autorisées à le faire.

Ce problème est loin d'être cantonné à Londres: de l'aveu même d'Uber, il est présent partout où la société opère. Le phénomène est même qualifié de «sale petit secret» par Bryant Greening, cofondateur de LegalRideshare, LLC, un cabinet d'avocats dédié à la défense des passagèr·es et des riders de VTC, interrogé par le Wall Street Journal.

Les motivations pour ces échanges de comptes varient: un conducteur se fait remplacer pendant qu'il prend des vacances; deux chauffeurs partagent un compte; d'autres se contentent d'en ouvrir un puis de le proposer à la location pour quelques dizaines d'euros, afin de réaliser un petit profit sans avoir à conduire.

Le souci réside dans les raisons pour lesquelles des individus préfèrent louer un compte plutôt que d'en créer un eux-mêmes. Selon le Wall Street Journal, certains n'ont pas de carte professionnelle ou savent qu'ils ne pourraient pas passer les vérifications préalables obligatoires (à cause de graves infractions routières commises par le passé, par exemple). Parfois, ils n'ont tout simplement pas de permis de conduire.

Sécurité renforcée

Uber lutte contre ce fléau depuis des années mais ne réussit pas à le résoudre. Depuis 2016, l'entreprise demande aux conducteurs et conductrices de prendre un selfie pour vérifier que la personne derrière le volant est bien celle qui est titulaire du compte. Le dispositif peut néanmoins être berné par une simple photo.

Uber assure avoir amélioré sa technologie et va introduire un nouveau mécanisme qui supposera de faire un mouvement spécifique afin de renforcer la sécurité.

Dans le cas de Londres, cela ne changera pas grand-chose, puisque les fraudeurs et fraudeuses parvenaient à uploader leur photo dans un compte ne leur appartenant pas, avant de l'utiliser sans encombre.

Uber affirme être à l'affût des signes indiquant un partage. Changement du numéro de téléphone lié au compte, accès via de multiples appareils, modification des modalités de paiement et volumes horaires trop importants sont autant d'indices qui peuvent lui mettre la puce à l'oreille. Malheureusement, ce n'est visiblement pas suffisant, et cela pourrait coûter cher à la plateforme de VTC.

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