Image tirée du documentaire FLAT EARTH: To The Edge And Back de Logan Paul. | Capture écran via YouTube

Image tirée du documentaire FLAT EARTH: To The Edge And Back de Logan Paul. | Capture écran via YouTube

Le docu platiste de Logan Paul, allégorie de l'algorithme de YouTube

Les recommandations de fin de vidéo participeraient à la diffusion massive de contenus de désinformation.

Avec sa dernière vidéo sur YouTube, Logan Paul semble délaisser pour un temps les vlogs dans les forêts japonaises pour s'adonner au documentaire. Celui qui se définit dès l'introduction comme «une star controversée de YouTube» est parti à la rencontre des platistes –ces gens, étranges et nombreux, persuadés que le globe est plat.

Dans le film de 50 minutes, Logan Paul et sa bande se rendent à Denver pour assister à la Flat Earth International Conference et échanger avec les personnes présentes. Au départ incrédule, le YouTubeur se laisse petit à petit convaincre par l'amas d'informations ressassées par les prosélytes de la théorie de la terre plate.

Comme une personne lambda qui se balade sur YouTube, il écoute d'abord avec amusement l'existence de la théorie, puis intègre progressivement les argumentaires répétés inlassablement, telles ces suggestions de fin de vidéo assénées par YouTube, et finit par adopter cette pensée –avant de finalement révéler que tout était une mise en scène à but satirique.

YouTube a récemment été accusé de promouvoir des contenus de désinformation.

Fin janvier 2019, la plateforme de streaming a annoncé diminuer le nombre de recommandations pour les contenus flirtant avec la limite de son règlement, comme des vidéos «promouvant un faux remède miracle pour une maladie grave, affirmant que la terre est plate ou faisant de flagrantes fausses déclarations à propos d'évènements historiques comme le 11-Septembre», précise son communiqué, ajoutant que ces vidéos resteraient malgré tout disponibles.

Prédisposition conspirationniste

Selon un rapport publié par AdWeek en 2017, les consommateurs et consommatrices de YouTube passent en moyenne 280 minutes par semaine à regarder des vidéos, soit en moyenne quatre vidéos d'une durée de 10 minutes par jour, donc 28 vidéos par semaine.

The Verge a interrogé Joseph Uscinski, professeur à l'Université de Miami et expert reconnu des théories conspirationnistes. Il explique que les personnes adhérant au platisme ont sans doute une prédisposition à croire en des «faits alternatifs». «La façon dont cette disposition se développe n'est pas encore totalement connue, et nous n'avons pas eu le temps de la retracer, affirme-t-il. Je comparerais cela à quelque chose comme de la partisanerie ou de l'idéologie politique. Ils ne sont pas le produit de réflexions rationnelles, mais plutôt celui de notre socialisation».

Uscinski souligne que le plus important est que les parents et profs apprennent aux enfants à être vigilants sur le type de contenus qu'ils visionnent sur internet et à identifier les personnes expertes dans un domaine par rapport à de simples soutiens d'une cause.

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